Saint-John Perse (1887-1975)

Alexis Saint-Léger, Saint John-Perse en littérature, est né en Guadeloupe, sur les pentes du volcan Motuba où sa famille possède, depuis plus de deux siècles, deux des plus belles plantations de l'île. Un terrible sinistre ruine l'île en 1897, et force le retour des Saint-Léger en France.

« J'ai longtemps habité des pays où l'on égare la notion de temps. La vie est faite de l'identité d'une seule journée ».

Le père est avocat, adjoint au maire de Pointe-à-Pître. Ebloui par les fastes de Pau, croulante sous les ors des Amériques et les diamants des tsars, il achète une charge d'avoué auprès du Tribunal de Première Instance ainsi que le cabinet et l'appartement de maître Ovide Gage-Lavallée, sis au 7 de la rue Latapie. Le poète a 10 ans. Petit arbre déraciné, il découvre le Lycée, ses études seront brillantes ; ses trois soeurs vont au collège des Ursulines qui se trouvait en lieu et place du Palais des Pyrénées.

A Pau, le jeune créole vit des jours heureux. Au lycée, il n'a qu'un ami, Gustave Monod, fils du pasteur demeurant route de Tarbes, à la villa Park Lodge. Là, les deux adolescents, «sous le magnolia de l'allée de gauche », discutent de Nietzsche et de Spinoza et plus d'une fois, à la nuit tombée, le pasteur viendra les chercher à la lueur de la lanterne.

C'est au cours de ses humanités au Lycée que le futur poète rencontre Francis Jammes, de vingt ans son aîné et au faîte de sa gloire. Jammes lui présente Claudel qui tente, en « bon missionnaire » de convertir le « jeune faune ». Alexis aime par-dessus tout les vacances à Tardets, la basquaise et à Bielle, l'Ossaloise, où il écrira Eloges, à 22 ans. Il s'enivre de cheval, de nuits à la belle étoile, parcourt les vallées et voit en Bilhères d'Ossau « un village Tibétain ».

Bordeaux l'appelle, puis la Carrière. Diplomate de haut vol, il mènera de front sa vie professionnelle intense et la création d'une oeuvre poétique du plus grand intérêt dont le vent, les chevaux, les typhons et les volcans seront les thèmes récurrents. Le jeune Béarnais d'adoption recevra le Prix Nobel de Littérature en 1960 ; un lycée porte aujourd'hui son nom.

Sa mort, en 1975, fit rejaillir dans les mémoires l'un de ses superbes vers : « Et si un homme auprès de vous vient à manquer à son masque de vivant, Qu'on lui tienne de force la tête dans le vent ».

Partage

 | 

Nos autres sites