Jacques Monory, La Fin de Mme Gardenia

Le Musée des Beaux-arts présente cette œuvre de Jacques Monory.

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Voir l'image en grand Crédits : Musée des Beaux-arts / Ville de PauJacques Monory inaugure en 1962 ce qui allait devenir son style et sa technique : une peinture figurative réalisée à partir de photographies qu'il repeint, juxtapose et fragmente.

Dès lors, ses oeuvres se caractérisent par la monochromie, l'image décomposée, la présence du plexiglas, la référence au cinéma et à la bande dessinée.

Après s'être aventuré dans la peinture abstraite, Monory, inspiré par le pop art américain, revient au début des années 60, à la réalité de son époque, de son environnement, de ses références.

Il aborde alors la Figuration Narrative dont les représentants, sensibles aux images du quotidien, réalisent des peintures figuratives, volontairement froides et distanciées, cherchant à maintenir en éveil notre rapport critique aux images de la réalité.

Dès 1964, dans une série de toiles intitulées Madame Gardenia, le peintre introduit le motif des pétales de rose et la figure de la femme armée criblée de balles.

Ces éléments sont repris ici dans une composition échappant au cadre, intitulée La Fin de Madame Gardenia et datée de 1964-66.

Cette oeuvre éclatée, composée de bois et de plexiglas, apparaît comme un montage de cinéma.

Le tableau/sculpture de grand format constitue un espace saturé d'indices, au vocabulaire visuel emprunté au film noir : impacts de balles, femme fatale armée d'un revolver.

A l'image des pétales, l'instant est suspendu, le temps laisse place à l'angoisse et à l'attente de l'action finale.

«Quand je vais au cinéma, je fais toujours des photos, je photographie l'écran. Ce sont des images que je réutilise par la suite». Entretien de Jacques Monory avec Philippe Piguet in Jacques Monory, Fondation pour l'Art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon, 2004.

Peintre et témoin d'une civilisation urbaine, moderne, Jacques Monory a construit son oeuvre comme un récit onirique, glacé et nostalgique où la violence apparaît à la fois comme métaphore de l'existence et conjuration de la mort.

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