De la cité princière à la ville royale (XVème-XVIème)

Crédits : DG / Ville de Pau

La bourgade paloise, qui se développe au XVème siècle, sera marquée par la naissance en son château d'Henri III de Navarre, futur Henri IV, roi de France.

Du XIIème au XVIème siècle, le développement du bourg s'opère suivant un processus continu, les extensions se faisant en prolongement direct des parties déjà construites, selon une ligne de croissance parallèle au Hédas et au Gave. Les faubourgs se fondent ainsi dans le modèle urbain dense, calqué sur celui du bourg enfermé dans ses murs.

Le véritable essor de la cité date du XVème siècle. A l’époque, les souverains béarnais prennent l’habitude de résider en leur château de Pau, plus central que l’ancienne capitale Orthez, dans des états qui s’étaient étendus vers l’est. En 1450, Pau devient après Lescar, Morlaàs et Orthez, la capitale du Béarn.

La résidence princière (XVème siècle)

Gaston IV (1436-1472) commence des travaux destinés à transformer l’antique forteresse en résidence princière puis installe à Pau de manière permanente la cour de son Sénéchal (tribunal). C’est ainsi que la prééminence administrative et économique de Pau est consacrée sur les autres cités béarnaises.

En même temps, il accorde aux Palois des exemptions de péages dans tous ses domaines et crée dans la ville un marché hebdomadaire (cette tradition du marché du lundi a d’ailleurs perduré jusque très avant dans le XXème siècle) et trois foires annuelles (dont les fêtes foraines de Pâques et de novembre sont les lointaines héritières).

Au XVIème siècle, la ville qui était déjà le centre de la vie judiciaire, devient la résidence de la famille royale de Navarre et le centre de la vie politique. Ainsi, Henri d’Albret et Marguerite d’Angoulême poursuivent les travaux d’embellissement du château. Leur fille Jeanne et son époux, Antoine de Bourbon, se préoccupent quant-à eux surtout de l’aménagement des immenses jardins, dont les voyageurs de l’époque disent volontiers qu’ils sont « les plus beaux d’Europe ». L'environnement du palais royal s’en trouve profondément remanié, avec la création du jardin des parterres,ou jardin d'en bas, et des jardins d'en haut, appelés aussi le verger (plus tard la Haute-plante, l’actuelle place de Verdun).

Les premiers travaux d'édilité publique sous les Albret

Parallèlement à l’embellissement du château, le bourg campagnard se transforme peu à peu. Un hôtel de ville, certes modeste, est édifié à l'angle de la rue Longue et de la bie cabe, lavieille rue. Les premiers règlements municipaux imposent le nettoyage et le pavage des rues ainsi que la fermeture des latrines et l'évacuation des eaux usées. Outre ces prescriptions d’ordre sanitaire, Jeanne d'Albret prend des mesures de prévention contre les incendies en rendant obligatoire un ramonage des cheminées et en imposant les couvertures en tuile ou ardoise en remplacement du chaume.

Sous l’impulsion de l’installation de nouvelles administrations, l’espace urbain s’élargit et la ville se développe hors de ses fortifications. Ainsi, en 1554, l’atelier de la Monnaie de Béarn s’installe à la Basse-Ville sur un espace resté longtemps inoccupé pour cause d’inondations chroniques. Un Palais de justice est édifié près du château pour abriter le Conseil et la Cour souveraine de Béarn en 1586. En 1592, un pont de pierre remplace la fragile passerelle de bois régulièrement emportée par les crues pour franchir définitivement les flots tumultueux du Gave.

Signe de la croissance de la ville, un certain nombre de fonctions sont alors déplacées vers l’est, à l’extérieur de la muraille primitive désormais insuffisante : les écorcheries (ou abattoirs), le cimetière, l’hôpital puis le marché s’éloignent peu à peu du centre historique du bourg, le long d’un axe ouest-est constitué par les routes de Nay et de Morlaàs. Cette extension de la ville vers l’est semble inévitable compte tenu de l’existence d’une triple contrainte : les coteaux qui surplombent le Gave au Sud, la vallée encaissée du Hédas au Nord, et les jardins du Roi attachés au château qui représentent un obstacle foncier et domanial à la propagation du tissu urbain vers l’ouest.

Henri IV : entre mythe et réalité

Crédits : DG / Ville de Pau Henri IVLa ville, qui a été relativement épargnée par les troubles religieux du XVIème siècle malgré les prises de positions de sa souveraine Jeanne d’Albret, voit son heure de gloire arriver avec l’accession au trône de France en 1589 d’Henri III de Navarre, sous le nom d’Henri IV. L’enfant du pays devenu roi, la cité se pense royale. Mais, le roi ne descendra plus dans sa ville natale et sa sœur Catherine quittera elle aussi définitivement le château. Paradoxalement donc, cette accession au trône reste un des éléments fondamentaux de l’histoire locale et participe à la renommée de Pau qui pourtant ne peut désormais plus s’enorgueillir d’être une résidence princière.

Partage

 | 

Nos autres sites