Du bourg à la ville  (XVIIème- XVIIIème siècles)

Crédits : DG / Ville de Pau

Au milieu du XVIIème siècle l'urbanisation est bourgeonnante, autour des établissements de divers ordres religieux qui s'implantent dans le mouvement de la Contre Réforme. Quelques décennies plus tard, la ville s'ouvre grâce à la construction de voies de communication majeures vers le Sud et le Nord.

La ville parlementaire

A l’époque moderne, la vie paloise est rythmée par les activités des institutions civiles ou religieuses : le Château en premier lieu, le Parlement de Navarre, les couvents et les séminaires, puis la Préfecture depuis la fin du XVIIIème siècle. Elle est longtemps dominée par ces Messieurs du Parlement et leurs divers satellites. Les hôtels particuliers qui bordent la rue Joffre abritent en majorité les résidences des notables, essentiellement les parlementaires. A la fin du XVIIIème siècle, le premier de ces magistrats logeait même au bout de la rue dans un « logement de fonction ».

A partir du milieu du XVIIème siècle, en raison de la présence de différentes barrières de croissance au nord (le parc du château et le Hédas), le processus de développement devient discontinu. La ville éclate en un pôle originel, le vieux bourg, et plusieurs bornes de croissance autour desquelles « bourgeonne » le tissu urbain sous l’impulsion de l’implantation progressive de plusieurs ordres religieux (Capucins, Ursulines…) initiée par la Contre Réforme. Autour de ces établissements, des faubourgs s’édifient peu à peu : faubourg de la Fontaine autour du couvent des Cordeliers, faubourg de la Porte-Neuve entre l’hôpital et le collège des Jésuites. Finalement, malgré la création de ces nouvelles centralités autour des ordres religieux, à la fin du XVIIème siècle la cité ne dépasse guère les bornes de ce qu'elle était à la fin du XVIème.

L’ouverture de la ville

L’installation du couvent des Cordeliers au nord du Hédas en 1650 (aujourd’hui place de la Libération) rend nécessaire la construction du premier pont franchissant non seulement le ruisseau du Hédas mais aussi de la totalité du ravin : l’ouverture de la rue des Cordeliers évite la descente par la côte raide de la Fontaine et ouvre la ville vers le nord.

Le XVIIIème siècle est celui du développement des voies de communication. Le pont royal (aujourd’hui pont du 14 Juillet) est édifié entre 1733 et 1739 permettant ainsi à la route royale allant de Bordeaux à l’Espagne de franchir enfin de manière aisée le Gave. Au nord de la ville, la construction d’un nouveau pont sur le ravin du Hédas est décidée en 1747 : ce Pont-Neuf (actuelle rue Bordenave d’Abère) n’est terminé qu’en 1773 et devient alors la principale entrée au sud la ville. À la même époque, sous l’impulsion de l’intendant d’Étigny, de nouvelles routes sont ouvertes en direction de Bordeaux et Bayonne, traversant de part en part les anciens jardins des rois de Navarre qui bloquaient jusqu’alors le développement de la ville.

Pau est donc une ville en plein développement lorsqu’elle est choisie en 1790 pour devenir le siège du chef-lieu et des principales instances judiciaires et administratives du nouveau département des Basses-Pyrénées, malgré une position géographique excentrée. Son passé de « ville parlementaire » et son histoire singulière n’y sont sûrement pas étrangers…

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