La période révolutionnaire

Crédits : Archives communautaires Pau-Pyrénées

La période révolutionnaire a peu marqué la région, traditionnellement d’opinion très modérée. Cependant, la disparition et la vente des établissements religieux édifiés au XVIIème siècle sont déterminantes dans l’histoire urbaine du début du XIXème siècle.

En effet, tous les grands domaines constitués par les communautés religieuses disparaissent à l'exception de Sainte-Ursule. Si le collège des Jésuites est transformé en École centrale puis en Lycée de Pau, nombre d’autres édifices religieux deviennent d’une manière ou d’une autre propriétés de la Ville, libérant autant d’espaces à conquérir. Après le pont des Cordeliers, le Pont Neuf et la rue Rivarès, un nouvel axe de développement s’ouvre vers nord : la ville a définitivement vaincu le ravin du Hédas.

Le château reste propriété de la Nation mais les vastes terrains du Parc sont redistribués. La Haute-Plante est attribuée dès 1795 à la ville de Pau qui y installe le marché au bétail. La disposition des anciens jardins royaux permet tout d’abord à la ville d’y transférer son cimetière puis, plus tard, d’en concéder une partie à l’autorité militaire pour y construire la caserne Bernadotte (1825-1830). Menacée de lotissement, la «forêt d’Henri IV» est rachetée en 1796 par un groupe de notables locaux qui l’offrent à Louis XVIII en 1815, à condition qu’il reste ouvert à tous : cette initiative qui offre aux Palois leur premier jardin public devait peser lourd dans le destin de la « ville jardin ».

La cité qui n’était qu’une modeste bourgade à la fin du XVIIème siècle a profondément changé d’aspect. Ainsi, en 1768, dans son Dictionnaire, l’abbé d’Expilly la décrit en ces termes : « La ville dont il s’agit n’est ni ancienne, ni grande, mais elle est bien bâtie et très agréable. C’est un séjour délicieux, plus encore par l’urbanité de ses habitants que par la beauté du pays et la douceur du climat ». Le décor est planté : les restructurations majeures opérées au XVIIIème siècle ouvrent un pan singulier de l’histoire paloise, celui de la ville de villégiature.

Partage

 | 

Nos autres sites