Les métamorphoses d'un art de vivre

Crédits : Archives communautaires Pau-Pyrénées

Les années 1880 à 1910 marquent l'apogée de l'urbanisme de villégiature, que consacre la réalisation du programme d'Alphand, ingénieur en chef des promenades et plantations de Paris, avec la construction de l'emblématique Boulevard des Pyrénées.

Le Boulevard des Pyrénées : la ville belvédère

Le Boulevard est toujours aussi apprécié de nos jours.

C’est à Alphand que l’on doit l’esprit du projet de Boulevard des Pyrénées quand il écrivait dans son Rapport sur les embellissements et les améliorations à réaliser dans la ville de Pau : « Il manque à Pau la promenade des Anglais de Nice ».

Le Boulevard est donc conçu comme une réplique montagnarde de la promenade des Anglais, lieu privilégié pour « voir et se faire voir ». Il est sans conteste l’ouvrage urbain le plus emblématique construit au XIXème siècle. Cette promenade au bord d’un abrupt en balcon totalement artificiel représente une prouesse technique et esthétique pour l’époque, qui structure et organise depuis sa création le développement urbain. Achevée en 1899, elle relie le Château au Palais d’Hiver. Ce dernier, ouvert la même année, comprend un palmarium et un théâtre. La Ville se dote de plus en 1900 de lignes de tramways et en 1908 d’un funiculaire permettant de rejoindre la gare et le Boulevard des Pyrénées, toujours en activité.

Hôtels et villas, créations de la villégiature

Crédits : © ville de pau La Villa Lawrance est ouverte au public.

À côté de ces aménagements publics, qui devaient marquer à tout jamais la physionomie de la ville, le développement de l’activité touristique suscite également la construction de nombreux édifices privés destinés à héberger, pour quelques jours ou quelques mois, les familles qui viennent chercher en Béarn le calme ou la santé. De grands hôtels, des immeubles de rapport, des hôtels particuliers sont construits d’abord tout près de la ville ancienne (quartier Montpensier, place Albert-1er, rue Bayard), puis de plus en plus loin.

La recherche du soleil, du grand air et de la vue vers les Pyrénées suscitent en effet la construction d’un nouveau type d’habitat, combinant les avantages de l’hôtel particulier urbain à ceux de la résidence campagnarde : la villa. Entre 1850 et 1910, les villas occupent peu à peu les anciennes terres agricoles qui entourent encore largement Pau : tout au long des axes de développement de la ville (quartier Montpensier, puis avenue Dufau, boulevard Tourasse et enfin allées de Morlaàs), sur le rebord méridional du coteau (avenue Trespoey), de vastes propriétés sont constituées par des étrangers désireux de s’installer plus à leur aise, mais aussi par des Palois soucieux de profiter de la manne qu’ils apportent. En miroir, de somptueuses villas sont édifiées sur les coteaux qui font face à la ville. Résidences de rêve construites au milieu de parcs enchanteurs, elles symbolisent l'éclectisme du XIXème siècle : d'inspiration classique, baroque, victorienne, flamande ou italienne, gothique ou palladienne, les grandes villas de Pau évoquent encore aujourd’hui les fastes d’un passé révolu.

La ville industrielle

  Crédits : Archives communautaires Pau-Pyrénées La basse-ville concentrait les industries et les faubourgs.

Dans le même temps que la ville belvédère prospère au XIXème siècle, le tissu industriel se densifie dans la Basse-Ville.

Caractérisé par la présence majeure de petites structures, la production se concentre sur le textile et l’agro-alimentaire : les cheminées d’usine cohabitent désormais avec les tours du château.

En 1860, un quartier de Jurançon, situé dans le prolongement du pont vers le Sud, est annexé à Pau. Quartier populaire comptant 504 habitants, il est constitué de petits commerces, petites industries, cabarets et autres auberges. Il avait surtout la caractéristique de n’être pas soumis à l’octroi. L’élargissement de cet impôt municipal est d’ailleurs la principale raison de son rattachement à Pau, ce dont ne se cache pas la Municipalité de l’époque. Toujours est-il que cette extension vers le Sud confirme un peu plus une structuration entre une ville haute dédiée au tourisme et une ville basse industrielle et de faubourgs.

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