La ville en ses quartiers

Crédits : DG / Ville de Pau

La période faste de la villégiature se termine dans l'entre-deux-guerres. Cette époque marque le début d'une nouvelle ère pour Pau avec le développement des premiers lotissements pavillonnaires et des logements sociaux.

Avec ou sans ses « étrangers », la ville poursuit son extension et de nouvelles zones d’habitat pavillonnaire apparaissent, fort différentes des grands demeures d’antan, ainsi que les premières réalisations de logements collectifs à vocation sociale qui voient le jour, favorisées par les dispositions de la loi Loucheur à partir de 1928.

Ainsi, aux côtés des immeubles urbains généralement cossus, les lotissements pavillonnaires absorbent une grande partie de l’offre nouvelle de logements, contribuant à l’essor de la ville. Avant la guerre, les tentatives étaient restées bien modestes et c’est seulement dans les années 1930 que l’on peut situer leur véritable démarrage. La construction à cette époque des églises Saint-Joseph, Notre-Dame et Saint-Julien confirme cette extension urbaine.

Les premières réalisations d'habitat social

Cette période de l’entre-deux-guerres est aussi celle des débuts du logement social à Pau. Pour être en conformité avec un cadre législatif national qui promouvait la construction sociale d’initiative publique, Pau se dote le 15 Juin 1929 d’un Office d’Habitations à Bon Marché. Il lance dès sa création un projet d’habitations sur des terrains concédés par la Municipalité au revers de la caserne Bernadotte. Le programme comprend un bâtiment de seize logements destiné aux officiers, quatre bâtiments de douze logements pour les sous-officiers, et trois de même pour la population civile. L’architecte Henri Maussier-Dandelot propose un plan qui, s’il ne correspond pas totalement à une cité-jardin, en retient de nombreux principes. Organisé comme un îlot ouvert, l’ensemble composé d’immeubles collectifs intègre en son cœur une large étendue dégagée, offerte aux loisirs des habitants ou à des nécessités pratiques, dont témoigne la présence de lavoirs et d’étendoirs à linge. Les logements, à défaut d’être spacieux, sont bien conçus et dotés d’un niveau de confort inconnu des milieux populaires.

L’opération est largement plébiscitée : près de 150 demandes sont posées pour 35 logements mis à disposition de la population civile. Dans l’enthousiasme qui accompagne cette réalisation, l’Office promet de poursuivre les efforts accomplis. Mais la crise qui s’amplifie et l’annonce de la guerre font avorter ces projets et il faut attendre les années 1950 pour qu’une suite leur soit donnée et que la cité prenne son aspect actuel. Cette réalisation originale est aujourd’hui un patrimoine valorisé, considéré à la fois pour l’originalité architecturale de son bâti, mais aussi pour la part d’histoire qu’il représente.

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