La statuaire : un patrimoine vivant !

Crédits : Dominique Guilhamassé

Statues, monuments, plaques commémoratives, fontaines ou autres éléments de mobilier urbain font l'identité de la ville. Un programme d'entretien, de restauration et de valorisation de ce patrimoine statuaire et vernaculaire est en préfiguration pour 2015.

Voir l'image en grand Crédits : Dominique Guilhamassé Candélabre du boulevard des Pyrénées et statue d'Hercule, de l'ensemble Hercule & les quatre saisons (auteur inconnu), installé sur le square Georges-V en 1900.La statue d'Henri IV place Royale, les bustes du parc Beaumont, les fontaines des places Clemenceau et Saint-Louis de Gonzague, les majestueux candélabres du boulevard des Pyrénées, le kiosque San Carlos... A côté des « incontournables », ce sont souvent ces éléments patrimoniaux que les visiteurs retiennent et photographient lors de leur passage à Pau. Pour les habitants, ce sont autant de repères dans le paysage et la mémoire des personnages ou des événements qui ont marqué leur histoire.

Un recensement de la Mission Ville d'art et d'histoire, également service du patrimoine, entamé en 2011 et poursuivi en 2014 fait état de 80 éléments. Il s'agit autant de statues que de bustes, de  fontaines, de plaque commémoratives, de monuments aux morts, de stèles funéraires, de décors et mobiliers urbains d'un autre siècle.

Le patrimoine statuaire et vernaculaire est disséminé dans toute la ville et traverse les époques. La période de la IIIe République est particulièrement riche, notamment au parc Beaumont. La Ville possède la quasi totalité de l'œuvre sculpteur Etcheto, l'unique statue connue de Devéria et les plus belles pièces d'Ernest Gabard. Pau est l'une des rares villes françaises accueillant quatre monuments aux morts. Le 20e siècle est représenté le long de la coulée verte au Nord de la Ville avec des œuvres contemporaines comme « La poule au Pau pondant le monde », « Le crayon libertaire » et « Les pompes oiseaux », récemment restaurés. Le 21e siècle devrait venir compléter ce paysage grâce à un appel à projets lancé cet été pour agrémenter le futur parc naturel urbain.

Structurer une démarche

Voir l'image en grand Crédits : Dominique Guilhamassé L'esclavage, buste de François Etcheto installé le 14 mars 1902 au parc Beaumont.« Le souci de s'occuper de ce patrimoine existe depuis quelques années mais n'a jamais été embrassé dans son entière complexité, dans un programme d'ensemble liant conservation-restauration et entretien », explique Caroline Cousin directrice de la Mission Ville d'art et d'histoire.

Le programme « d'entretien, de restauration de la statuaire des espaces public et du petit patrimoine » a pour but de structurer la démarche sur 5 à 10 ans : recensement, géolocalisation, recherches historiques complémentaires et des propriétaires (parfois l'État) / diagnostic sanitaire / hiérarchisation des actions / entretien, conservation et restauration / valorisation et médiation.

« On s'appuiera pour la première fois sur une enveloppe budgétaire dédiée et une expertise en restauration via une assistance à la maîtrise d'ouvrage » affirme Caroline Cousin. Un programme de formation pour les services techniques de la Ville permettra aux agents d'effectuer les interventions simples d'entretien en alliant efficacité et respect de l'intégrité des œuvres. La géolocalisation des éléments devrait faciliter cette mission et la communication entre les services. Selon la directrice, « c'est indispensable pour le suivi et pour s'accorder sur les efforts de conservation lors d'opération de modernisation des installations qui font partie intégrante de l'identité de Pau, comme les décors urbains, les rocailles et marches en faux ciment du 19e , les bancs ou la collection des candélabres de la Place Royale au Boulevard des Pyrénées. »

Gérer l'urgence et sensibiliser

Voir l'image en grand Crédits : Charly Brien La main de la statue d'Henri IV a été restaurée à l'automne 2014Les situation de dégradation préoccupantes sont traitées sans attendre la finalisation du programme, comme cela a été le cas en 2014 pour « La Dame au puits » ou la statue d'Henri IV. « La nouveauté c'est que nous avons installé des panneaux d'information sur les chantiers de rénovation pour expliquer la démarche et comprendre l'œuvre dans son environnement. Le but est que les habitant se réapproprient ces éléments de décor et in fine les respectent ».

Ainsi, le programme de restauration sera accompagné d'un volet « valorisation et médiation », à l'instar de ce qui est proposé depuis quelques années sur le patrimoine funéraire du cimetière. « Il pourrait s'agir de circuits de valorisation autour des monuments aux morts de 14-18 ou sur les personnages historiques à travers les jardins ». L'apposition de puces NFC (technologie sans contact) sur les éléments est envisagée pour enrichir l'expérience sur tablettes et smartphones avec documents d'archives et multimédia. Comme quoi, patrimoine statuaire ne veut pas dire figé dans le passé !

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