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Discours d'ouverture

Edition 2017 - PASSION, PASSIONS | Vendredi 17 novembre 2017


Revivez le lancement de la 4° édition des Rencontres Littéraires "Les Idées mènent le Monde"

Une ouverture irrésistible

« Les passionnés sont passionnant » : à partir de ce constat, François Bayrou et Philippe Lapousterle ont bâti l'édition 2017 des Rencontres Littéraires « Les Idées mènent le Monde » autour du thème : « Passion, passions ». Restait à en administrer. Cela n'a pas demandé plus de temps que les cinq premières minutes de l'événement. A peine le Maire de Pau avait-il prononcé ses propos d'ouverture et le commissaire général expliqué à quel point les rencontres ont été modelées par l'accueil du public, que Daniel Cordier entrait en scène. Et l'on a vu et entendu un passionné. De liberté. Il a raconté comment l'ancien camelot du roi bercé par l'antisémitisme parental a découvert l'horreur des persécutions raciales. Stimulé par cette qualité d'écoute si particulière à l'auditoire palois, soulignée par tous les intervenants, l'ancien secrétaire de Jean Moulin s'est lancé comme sur un fil. Quel personnage ! Un irrésistible résistant, un gâteux – c'est ainsi qu'il se définit – à la mémoire fine... Le matin même, il était allé à la mairie, théâtre d'une manifestation de rejet de l'armistice protégée le 20 juin 1940 par M. Verdenal, inaugurer une plaque avec François Bayrou évoquant son départ de Pau pour Bayonne – puis l'Angleterre - avec dix-neuf camarades, sans doute le premier acte fondateur de la France libre sur le territoire national. Après la guerre, il retrouve sa mère dans son bel appartement du Gassion. Elle lui dit « bonjour monsieur » car elle ne le reconnaît pas. Elle était, il est vrai, très myope.

La République, Clémenceau excepté et en dépit des colères hugoliennes, fut-elle aussi assez mal voyante sur le bagne de Guyane. Passionné de droit Robert Badinter a décidé de revisiter en détail ce musée des horreurs, où l'on a utilisé pour qualifier les « relégués », l'administration user des termes que l'on croyait appartenir à la culture des nazis ou des pourvoyeurs du goulag : les « dégénérés », les individus asociaux ». Mais le comble de l'abomination fut atteint sous l'Occupation où l'Etat français fit mourir de mauvais traitement les bagnards susceptibles de rejoindre la France libre.

Cordier et Badinter : une ouverture éblouissante. Comme celle d'un concert. C'est d'ailleurs Fayçal Karoui qui a poursuivi avec sincérité cette symphonie des confessions passionnées. On est encore loin du final.

Jean-François Bège

 

 

 

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