Évènement passé

Concert exceptionnel au Showcase Time

Depuis plus de 30 ans, Titi Robin a navigué aux confluences des cultures tziganes, orientales et européennes, sur la vague impétueuse et majestueuse qui coule des contreforts de l'Inde à travers l'Asie centrale jusqu'aux rives de la mer Méditerranée. Il y a recherché puis construit patiemment un univers esthétique original.

Mais il est impossible de réduire son art à un simple désir de mixer les sons et les styles. La musique de Titi Robin exprime ce que les mots ont souvent du mal à capter : elle parle de l'extrême solitude de l'âme, de la vérité nue de l'émotion, de la grandeur délicate de l'amour parfois teintée de violence, que la beauté du monde peut éveiller en chacun d'entre nous. Titi Robin joue la guitare, le bouzouq et le 'oud, et est le compositeur exclusif de ses nombreux projets.

"Une des plus singulières trajectoires d'artiste en France."
Le Monde de la musique

Thierry Robin dit “Titi”, musicien autodidacte né à la fin des années cinquante dans l’ouest de la France, a construit son univers musical personnel en empruntant autour de lui, à l’instinct, des éléments de langage musical répondant à sa soif d’expression, les deux univers qu’il côtoyait quotidiennement et l’ayant directement et profondément influencé étant les cultures gitanes et orientales.
Avant que le courant des musiques du monde n’apparaisse, c’est au sein de ces deux communautés qu’il trouvera un écho sensible et encourageant, le milieu musical hexagonal dominant ne comprenant alors pas vraiment sa démarche. Les fêtes communautaires arabes et gitanes lui donnent l’occasion de tester la couleur originale de son approche musicale face à ces traditions riches dont il s’inspire mais qu’il n’imite pas, recherchant obstinément une voie qu’il lui semble exprimer avec le plus de justesse sa condition d’ artiste contemporain. Les musiciens qui l’accompagnent alors sont presque exclusivement originaires de ces minorités. Les deux artistes phares dans sa démarche sont Camaron de la Isla, le cantaor flamenco et le maître irakien du ‘oud, Munir Bachir.

Au début des années 80, il commence à composer dans un style éminemment personnel qu’il n’a pas quitté depuis. En 1984, il se produit (à la guitare, au ‘oud et au bouzouq) en duo avec Hameed Khan, tabliste indien originaire de Jaipur, se produisant aussi bien sur scène que dans les fêtes locales, les clubs et les restaurants orientaux. Son répertoire (instrumental) se constitue petit à petit, ainsi que les bases de son style d’improvisation. Un disque : «Duo Luth et Tablâ», maintenant épuisé et devenu un collector* témoigne de cet univers original.
En 1987, la scène angevine voit apparaître un groupe étrange :

« Johnny Michto », qui mêle la rythmique berbère marocaine, le bouzouq électrifié, la basse rock et les clarinettes et cornemuses ; une tentative de proposer au public une alternative aux combos de rock qui pullulent, en mariant les cultures populaires des membres du groupe. Mais là encore, c’est la communauté maghrébine qui accueille le plus chaleureusement la formation, les « Français de souche » ayant du mal à situer ce style aux références inédites.
En parallèle du duo instrumental avec Hameed Khan, qui mêle improvisations mélodiques et duels rythmiques enjoués, Thierry Robin rencontre le chanteur breton Erik Marchand qui représente pour lui la culture populaire et traditionnelle la plus riche aux abords de sa région d’origine. Ils vont développer ensemble un répertoire de compositions utilisant les modes avec quarts de tons et le mariage de l’improvisation modale orientale de type taqsîm avec la Gwerz, complainte monodique très ancienne dont le chanteur est alors l’un des rares dépositaires avec Yann Fanch Kemener. Ocora Radio-France leur commande un enregistrement : « An Henchou Treuz » (1990) qui recevra le Grand Prix de l’Académie Charles Cros.

C’ est l’amorce de la réunion des deux duos qui formera le « Trio Erik Marchand » pour lequel Thierry Robin compose et arrange l’essentiel du répertoire. Cette formation, d’une grande originalité puisqu’elle réunit un chanteur breton, un joueur de luth arabe et un spécialiste du tablâ indien (pour l’anecdote, c’est une photo de ce groupe qui illustre le premier article consacré à la « world music » dans l’Encyclopedia Universalis) tournera beaucoup, de festivals Womad en scènes consacrées aux musiques contemporaines, du Théâtre de la Ville à Paris au Quartz de Brest, en passant par la scène jazz qui apprécie leur démarche novatrice dans l’improvisation. Ils tourneront aussi à l’étranger, de Québec à Houston, de Marrakech à Jérusalem. En 1991 sort le premier opus sous le nom de « Trio Erik Marchand » : « An Tri Breur » au sein du label Silex. C'est à cette occasion qu'il rencontre Silvio Soave, ingénieur du son exceptionnel qui deviendra son partenaire exclusif pour toutes les réalisations discographiques à venir.

Cette formation avait fait connaître Titi Robin essentiellement comme ‘oudiste, et un disque sorti en janvier 93 va permettre de mieux situer l’univers du musicien et l’interprète du bouzouq et de la guitare : « Gitans» est un hommage souhaité par l’artiste envers la communauté gitane qui lui a tant appris. Mosaïque de rencontres entre des artistes chers à Titi Robin et qui représentent différentes branches de cette grande famille, de l’Inde du Nord à l’Andalousie, via les Balkans, d’où il puise sa vision musicale personnelle. Musiciens invités: Gulabi Sapera (chant), Bruno el Gitano (chant, palmas, guitare), Mambo Saadna (chant, palmas, guitare), Paco el Lobo (chant, palmas), François Castiello (accordéon), Hameed Khan (tablâ), Francis Moerman (guitare), Abdelkrim Sami (percussions), Bernard Subert (clarinette, cornemuse). Ce disque, et la formation qui va en découler, vont rencontrer un large public, réunissant à la fois les aficionados avertis et les amateurs de musique méditerranéenne. « Gitans » tournera du Japon à l’Hollywood Ball (USA), de l’Afrique du Sud aux grands festivals européens de musiques du monde.

Début 96, rompant avec cette aventure collective éclatante, sort un disque instrumental, entièrement improvisé, « Le Regard Nu », aboutissement d’une année de recherche expérimentale. Thierry Robin s’est inspiré des poses de modèles féminins, à l’instar d’un peintre ou d’un sculpteur, pour nourrir ses improvisations musicales, au ‘oud et au bouzouq, en solo. Ce disque unique reste une de ses grandes fiertés et a conquis un cercle d’admirateurs sur toute la planète. Les tournées de Gitans se poursuivent, ce dont témoigne «Payo Michto» en 97, disque live avec Francis Varis à l’accordéon.

Titi Robin souhaitait trouver une voie tissant des liens avec les musiques populaires occidentales modernes, ce qui conduisit à une nouvelle formation, incluant dans l’orchestration le saxophone, la batterie et la basse. Ce sera :«Kali Gadji ». Les influences gitanes et orientales, toujours très présentes, se mêlent à la tchatche en français ainsi qu’aux polyrythmies d’Afrique de l’Ouest. Les musiciens invités sont Renaud Pion (saxophones), Abdelkrim Sami (chant, percussions), Farid “Roberto” Saadna (chant, guitare, palmas), Jorge “Negrito” Trasante (batterie), Gabi Levasseur (accordéon), Alain Genty (basse) et Bernard Subert (hautbois, cornemuse). Cet orchestre tournera plusieurs années en parallèle de « Gitans ».

C’est en 2000 que sortira : « Un ciel de Cuivre », album qui de l’avis de Titi Robin, est le disque représentant le mieux son univers musical dans sa diversité. Quinze musiciens sont invités dont Farid “Roberto” Saadna, Gulabi Sapera, Keyvan Chemirani, François Laizeau, Renaud Pion, Negrito Trasante, Francis-Alfred Moerman, ... Voici ce qu’il en dit: « Ce nouveau disque n’est pas centré sur une formation orchestrale précise, à la différence de PAYO MICHTO ou KALI GADJI, les précédents. Il est le témoin de la diversité de mes influences et, je l’espère, de la cohérence de mon univers esthétique. Les cultures gitanes, méditerranéennes et balkaniques sont toujours bien présentes, mais c’est avant tout une vision personnelle du monde que je souhaite exprimer à travers ces mariages musicaux qui sont mon quotidien. Ce projet a un point commun avec le disque GITANS sorti en 1993: C'est un voyage, chaque mélodie a une saveur particulière, chaque rythme a son histoire, la géographie des origines culturelles reflète en miroir le paysage intime du voyageur. Il y a des mélodies intimistes et des rumbas festives, des chants déchirés et une berceuse gitane, des musiques de danse puissamment orchestrées et des trios apaisés, des montagnes enneigées et des rivages ensoleillés, du sang, des épices et du miel, et d'autres choses encore que vous découvrirez peut-être avant moi.…."

Une formation en sextet tournera désormais en permanence, présentant des thèmes issus de ce disque mêlés à des compositions plus anciennes.
Est présenté également sur scène un trio instrumental (‘Oud, guitare, bouzouq/accordéon/percussions) avec Francis varis et Abdelkrim Sami, puisant dans l’ensemble du répertoire de Titi, qui se produira surtout à l’étranger, en particulier au Moyen-Orient.

Depuis l’année 1992 , Thierry Robin n’avait cessé de collaborer avec Gulabi Sapera, à laquelle il avait d’ailleurs consacré un livre « Gulabi Sapera, Danseuse Gitane du Rajasthan » (2000, Naïve/Actes-Sud). Elle était fréquemment l’invitée des spectacles de Titi et les chansons « Pundela » issue du disque « Gitans », comme « La rose de Jaipur », dans « Un ciel de cuivre », montraient à quel point la rencontre entre ces deux artistes suscitait l’émotion.
En 2002 sort un opus qu’ils co-signent : « Rakhî » consacré au mariage de leurs univers respectifs, sur la base de chansons de la caste des Kalbeliyas, les charmeurs de serpent dont Gulabi est la danseuse emblématique et internationalement reconnue. Un spectacle où sa chorégraphie et les compositions de Titi Robin s’assemblent a vu le jour en septembre 2002 et est annoncé sur de nombreuses scènes françaises et internationales. Bénéficiant d’une création lumière de Pascale Paillard, cette nouvelle aventure scénique, baptisée "JIVULA" reçoit un accueil extrèmement chaleureux.

La même année, il réalise l’intégralité de la bande-originale du film de Manuel Boursinhac « La Mentale». Le réalisateur tenait à l’univers musical de Titi pour accompagner ses images et ce fut pour ce dernier une nouvelle aventure qui lui a beaucoup a appris et qu’il souhaite renouveler.
2004 : sortie de l’anthologie ALEZANE chez Naïve. Présentation d’ « Alezane » par Thierry « Titi » Robin: “Ces deux disques correspondent à une sélection d’enregistrements portant sur une douzaine d’années, mais puisent dans environ vingt-cinq ans de composition. Dans mes précédents albums, j’ai toujours cherché à marier les thèmes dansants et intimistes de la manière la plus fondue possible. Ici, au contraire, nous avons dressé un panorama en classant les morceaux en deux catégories : les airs rythmés (CD I « Le jour ») et ceux plus calmes (CD II « La Nuit»).

Le véritable défi est d’exprimer, à l’intérieur d’un système artistique qui s’est plus imposé à moi que je ne l’ai choisi, mon chemin de musicien contemporain, toutes les couleurs et les parfums qui me tournent autour et me traversent. J’ai invité Eric Roux-Fontaine pour les aspects visuels de ce projet. Eric est un créateur contemporain, peintre, photographe, parcourant depuis une dizaine d'années les cultures gitanes. Il a accepté de réaliser entièrement la conception graphique de ce double album. "

La même année, Eric Roux-Fontaine demande à Titi Robin une suite de textes poétiques pour intégrer son livre RAJASTHAN, un voyage aux sources gitanes” aux éditions du Garde-Temps. Titi poursuit, à l’aide de l’écriture, la même recherche esthétique.

Titi continue de tourner de par le monde: Il participe, avec Gulabi Sapera, au Virasat Festival de Jaipur en janvier 2004 et l’automne le voit en concert durant six semaines en Afrique Australe et dans l’Océan Indien (A Addis Abeba, de très nombreux artistes éthiopiens (dont Mahmoud Ahmed) viennent applaudir Titi, Gulabi et les musiciens de la formation); il se produit lors de l’édition lisboète du gigantesque “Rock in Rio” (après y avoir joué en 2003 au Brésil) site du festival et parcourt bien sûr les routes françaises et européennes. Il prépare en Inde fin 2004 un spectacle “en famille” avec la nouvelle génération (Maria, La Coque, Dino Banjara -voir page créations). Il joue par deux fois à Paris (en mars 2004, au Sunset puis au Café de la Danse) et en février 2005 aux Bouffes du Nord: Il y présente, dans ce cadre magnifique qui correspond vraiment à son univers artistique, l’ensemble des formations et des artistes avec qui il travaille, et ces concerts, tous à guichets fermés, sont d’intenses moments d’émotion. Il s’associe à Alain Bashung lors de l’invitation de ce dernier à sa carte blanche de la Cité de la Musique en juin 2005 et leur duo inédit en surprend plus d’un.

En août 2005, il se produit successivement à Beyrouth, dans la belle salle du Music-Hall (où il retrouve de nombreux amis libanais). Parallèlement, durant le printemps et l'été 2005, il enregistre un nouvel album: “ces vagues que l’amour soulève”, très bien accueilli par le public et la critique (voir en page "actualité"), et réalise la musique du film de Florence Quentin “Olé!" (avec Gérard Depardieu, Gad Elmaleh et Sabine Azéma).

L'année 2006 sera en partie consacrée, en plus des nombreux concerts prévus, à la sortie d'un coffret DVD présentant l'univers de Titi et la création "JIVULA" avec Gulabi Sapera, ainsi qu'un CD live issu de captations réalisées en 2005 de ses différentes formations.

Deux nouveaux projets éclosent également cette même année: une création baptisée "MICHTO MALOYA" l'associant au chanteur de maloya Danyel Waro et la composition de la B.O. du film d'animation d'Emmanuelle Gorgiard "LE CID".


Thierry « Titi » Robin est un artiste en marge. On le situe dans une mouvance « musiques du monde » qu’il ne reconnaît pas, car elle lui semble témoigner d’un profond ethnocentrisme, en créant une barrière entre les musiques « ethniques » occidentales (rock, jazz, …) et les autres ! Pour lui, le métissage des musiques n’est en aucun cas une valeur en soi, mais simplement une réalité, sa réalité. L’essentiel étant de trouver la voie la plus juste entre le sentiment à la source de la création et la forme artistique chargée de l’exprimer, qu’elle se matérialise dans un style purement traditionnel ou qu’elle bouleverse les codes établis. Traçant sa propre route, il a su écouter les encouragements d’artistes éminents comme les chanteurs flamencos Fosforito ou Chano Lobato, ainsi que le virtuose du ‘oud Munir Bachir, qui ont reconnu dans ce parcours atypique une sincérité et une authenticité, par delà les différences.

Pour Titi Robin, sa discographie est telle "une roue qui tourne", et le dernier album éclos est d'actualité comme celui paru il y a quinze ans, ils disent tous une part importante de la vérité de l'artiste. Il est donc important qu'ils soient tous disponibles sur la durée. Ils s'éclairent les uns les autres et une des clefs de "Kali Sultana" habite peut-être sous "un ciel de cuivre", comme il est sans doute nécessaire de connaître ce qu'est un "regard nu" pour savourer pleinement tous les secrets de "ces vagues que l'amour soulève" ou de "Rakhî". Titi Robin tente, patiemment, de peindre une toile au sein de laquelle tous ses albums ont un sens particulier.

Coordonnées

Showcase Time rue Arribes 64000 PAU

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