Crédits : Soazig de la Moissonnière / Ville de Pau

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Cure de jouvence pour la Dame blanche

Patrimoine | Vendredi 26 septembre 2014

Après la statue d'Henri IV place Royale, c'est au tour de « La Femme au puits », au croisement de la rue Henri-Faisans et de Castetnau, d'être rénovée dans le cadre d'un plan de gestion du patrimoine statuaire.

Voir l'image en grand Crédits : Archives communautaires Pau-Pyrénées Ernest Gabard dans son atelierC'est peut-être parce qu'elle nous apparaît telle un spectre à l'Est du quartier du Triangle qu'on la surnomme « la dame blanche ». Pourtant loin d'être un fantôme effrayant, « La femme au puits » du scultpeur palois Ernest Gabard (1879-1957) offre un spectacle ravissant. Dans l'atelier de l'artiste, le caricaturiste Paul Mirat en disait qu'il a vu « surgir de la glaise pétrie une rieuse exquise de grâce dont les lignes fugitives nimbent le corps fleuri de rayonnante jeunesse ». C'est une certaine Julienne Argacha qui aurait servi de modèle et dont les trais délicats sont grâvés éternellements dans le marbre.

Telle une nymphe à moitié dévêtue et souriante, elle verse le contenu de son seau à l'endroit même où un puits est déjà attesté dès 1773. Une première fontaine la précède en 1866, installée à la demande et aux frais des habitants alors que l'arrivée de l'eau courante a rendu le puits obsolète. A l'époque, cet endroit était appelé « square de la Porteneuve » car il constituait... une entrée de Pau ! L'ancien maire Alfred de Lassence affirmait qu'elle est « le symbole de l'hospitalité de la ville ».

Voir l'image en grand Crédits : Dominique Guilhamassé "La Fontaine aux enfants" en 2001.Merci Monsieur Latapie

La création de « la femme à la fontaine » a été permise grâce à un leg de 60 000 francs de Charles Latapie en 1911 pour remercier le conseil municipal d'avoir baptisé une rue en l'honneur de son père, Jean Latapie. Ce dernier était un architecte urbaniste réputé à qui l'on devait, entre autres, les anciennes Halles de la place Clemenceau et une partie de la place Gramont.

C'est l'artiste palois Ernest Gabard qui fût choisi pour réaliser deux oeuvres : « la femme au puits » et « la fontaine aux enfants », aujourd'hui mis à l'abri des vandales et qui pourrait également bénéficier d'une restauration prochaine.

Depuis son inauguration en 1913, « la dame blanche » a subi maintes sévices. L'irresistible envie des badeaux de toucher l'icône, ont conduit à l'installation d'un premier enclos dessiné par l'artiste lui-même. Plus tard dans les années 2000, quand les coups se font plus violents au point de faire tomber les bras de la belle plusieurs fois, une imposante cage est installée.

Voir l'image en grand Crédits : Soazig de la Moissonnière / Ville de Pau La Dame blanche avant restauration.Une renaissance

La restauration en cours du 15 septembre au 15 décembre a été confiée aux Entreprise Bouyrie de Bie Groupe et Atelier Esmoingt Daniel. Elle a pour but de rendre à l'oeuvre son éclatante jeunesse. Hormis la pose de nouveaux bras, la statue subira un micro-gommage qui effacera les affres du temps et de la pollution, qui ont attaqué le marbre de Saint-Béat. La fontainerie sera remise en état et un circuit d'eau fermé sera installé pour éviter le gaspillage. Enfin le mobilier et l'aménagement paysager seront rafraîchis pour permettre à tous de se réaproprier l'espace.

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