Crédits : Marc Bruno

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Globe-trotter de l'écriture

Culture | Vendredi 3 octobre 2014

Caryl Férey est devenu écrivain avant même de le savoir. Lui qui pensait que la littérature était réservée aux gens sérieux. Rencontre avec ce passionné dont le cœur va toujours vers les opprimés.

Il a toujours lu. Et beaucoup écrit. Des histoires d'abord pour les amis, environ 4 000 pages livrées comme cela. « Un jour un copain m'a amené un bouquin de Philippe Djian et j'ai découvert qu'on pouvait écrire autrement ». Il n'en faudra pas plus pour décider l'autodidacte plutôt curieux à se mettre au travail et devenir ce qu'il est.

Caryl Férey avoue sa sensibilité, son empathie pour les minorités, pour ceux à qui l'on confisque la parole. Les intrigues criminelles deviennent alors un prétexte à la découverte des cultures. « Savoir qui a tué qui, n'est pas ce qui m'intéresse. Même si j'aime bien le suspense, cacher des trucs, jouer avec le lecteur. L'histoire est le moyen de voir ce qui se passe ailleurs ».

Engagé sans être manichéen

Car l'auteur est là pour raconter des histoires qui, dans le roman noir, s'appuient sur des faits historiques que l'on ne peut nier.

Maori de Nouvelle-Zélande, Zulu d'Afrique du Sud ou Mapuche d'Argentine, Caryl Férey nous embarque pour un voyage qui n'a rien de touristique. S'il reconnaît qu'il faut être engagé dans la vie, il refuse d'être manichéen dans ses écrits, « car il n'y a pas de bon ou de méchant ».

Immergé au cœur des villes étrangères pendant plusieurs semaines, il sillonne les alentours à la rencontre des gens, dans les bars, des endroits un peu incroyables, la nuit pour sortir des sentiers battus « et voir la vraie vie ». Il en extrait des héros plutôt cassés mais toujours en lutte.

Au cœur de l'altérité

Et contre toute attente, sa première réflexion avant d'entamer l'écriture est de savoir qui s'aime. « Je tiens à écrire dans tous mes livres une histoire d'amour. Sans ça je n'écris pas. Dans Mapuche, j'ai voulu une héroïne qui avait une histoire d'amour avec un mec. Les scènes entre eux n'ont rien à voir avec le polar ou très peu, mais elles sont le pilier de mes écrits. »

Qu'elle soit épouse, mère, sœur ou bien fille... les femmes ne sont jamais très loin dans les écrits de Caryl Férey. Et ce n'est pas pour satisfaire les 70% de lectrices de roman noir.

« Je ne ferai jamais des trucs pour faire plaisir aux gens. En revanche je me range souvent du côté des femmes. Chez nous les choses ont évolué, mais dans certains pays, elles trinquent. J'avoue davantage d'empathie pour une femme que pour un banquier de 40 ans. »

L'intrigue du prochain roman de Caryl Férey se déroulera au Chili. Il vient d'en remettre la première version à son éditeur. Encore un peu de patience, la sortie est prévue au printemps 2016.


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