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Un festival convivial et ouvert au monde

Culture | Lundi 30 septembre 2013

Évènement passé

Cette année, le festival Un aller-retour dans le noir est soutenu par le magazine Télérama. Rencontre, avec l'une de ses critiques, Christine Ferniot, qui interviendra lors du salon.

  1. Qu'est-ce qui fait un bon polar / roman noir du point de vue du critique ?
    Pour le critique comme pour tout lecteur, un bon polar vous tient assis, debout, éveillé, passionné, fasciné. On peut être séduit par l'intrigue, par l'écriture, la façon de mener son lecteur ailleurs, sortir des sentiers battus. On peut également être séduit par son savoir-faire, les surprises qu'il est capable d'imaginer.

  2. Quels sont les principaux ingrédients du roman noir américain ?
    Le roman noir américain nous berce depuis Hammett et Chandler. Il nous parle d'un pays qui nous fascine, il sait raconter la ville noire, la nuit. Sans oublier cette part d'exotisme d'un pays immense qui nous emmène dans les capitales et les patelins perdus, chez des rangers et des flics pourris, dans des bars de pouilleux et sur Hollywood Boulevard. Pour moi, le roman noir américain, c'est surtout la grande ville et ses héros, des perdants magnifiques dans des lieux mythiques.

  3. Il y aura une rencontre autour de Hammet & Ellroy lors du festival. En quoi ont-il marqué une rupture avec ce qui se faisait avant ?
    Hammett (avec Chandler) nous a fait découvrir l'Amérique des durs à cuire, la ville miroir aux alouettes, les privés et les flics qui ne ressemblent pas à Maigret mais à des hommes cassés, brisés, violents, à la morale flottante. Il nous a raconté la politique américaine, les rues de la ville, les villas décaties et les perdants magnifiques. Il nous a offert une écriture nouvelle, forte, musicale, tranchée, violente.
    Ellroy c'est aussi une écriture qui tangue, des mots qui nous bousculent et cette façon de nous rentrer dedans, de nous raconter la vie américaine par le petit et le grand bout de la lorgnette. Il n'est pas historien mais romancier et pourtant, sa documentation est implacable. Mais il met tout de côté pour nous raconter des fictions noires obsédantes écrites avec rage. L'un comme l'autre dessinent la littérature noire américaine, des années trente à aujourd'hui.

  4. Quel regard portez-vous sur la sélection d'auteurs invités ?
    La sélection de cette année est plus internationale, car le parrain, d'origine américaine, a voulu inviter des auteurs américains apportant un autre souffle. L'intérêt est justement de mêler les écrivains français et américains, de les faire dialoguer et ce sera passionnant.

  5. En quoi un festival comme "un aller-retour dans le noir" peut-il jouer un rôle dans la découverte du livre ?
    La rencontre d'auteurs connus et moins connus, les débats, les échanges aisés entre le public de Pau et les auteurs, tout cela est essentiel et particulièrement réussi à Pau dans ce festival convivial et ouvert au monde.

  6. Quelle réputation a-t-il en France ?
    Sa réputation ne cesse de grandir dans un pays où on multiplie les festivals de polar. Mais celui-ci a un point de vue, un sens littéraire, une conviction. C'est ce qui lui donne son supplément d'âme sans doute.

Christine Ferniot animera  le débat "Hammett, Elroy, quel héritage aujourd’hui ?", dimanche 6 octobre à 15h00 à l'Hôtel de France, Place Royale. Avec Natalie Beunat, Jake Lamar et Dominique Manotti. Gratuit.

Plus d'infos sur le Festival Un Aller-retour dans le noir

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