cité royale
10 juillet 2006
Au XIV°, Gaston Fébus, comte de Foix, souverain du Béarn, refuse de rendre hommage au Prince Noir car « Béarn est si franche terre qu'il n'en doit hommage à nul seigneur au monde ».
© ville de pau
Or les Anglais sont proches, ils tiennent Lourdes, Bayonne, Dax et la Soule. Quant aux Armagnac, ils lorgnent vers le Béarn. Fébus, en grand capitaine, multiplie les ouvrages militaires sur ses frontières, Montaner, Mauvezin, Morlanne. Pau ne saurait être oublié.
Vers 1370, le petit fortin de bois devient forteresse au donjon de briques. Avec ses talus rénovés, ses trois enceintes et ses cinq tours, la forteresse altière force l'admiration notamment celle du sire de Caumont : « Ce chastel est le plus bel du monde fait de main d'ome. Si que, à mon avis, c'est le plus bel que j'aye veu et mieux compli de toutes choses ».
Avec la Renaissance, l'influence italienne pénètre peu à peu en France. Le jeune Gaston IV de Foix parfait son éducation à la cour de Charles VII. Le futur souverain de Béarn se fait remarquer par sa culture, sa finesse et son élégance. Il déteste les demeures sombres. Un grand renouveau souffle sur Pau. Charpentiers, maçons, couvreurs s'affairent. De grandes ouvertures sont enfin percées, le château est surélevé et coiffé d'ardoises. Le 14 septembre 1464, il fait de Pau, peuplée de moins de 2.000 habitants, la capitale du Béarn.
Au siècle suivant, l'ancienne forteresse abrite les Seigneurs de Navarre. Henri d'Albret s'élève en épousant Marguerite, soeur de François 1er. A la Reine d'origine aussi illustre ne peut suffire le petit castel : il faut ennoblir la pierre. Les façades s'éclairent, des médaillons à l'antique ornent les murs, les jardins du château deviennent parmi les plus beaux d'Europe. Le demeure est prête à donner naissance à Henri IV, le souverain le plus populaire de l'histoire de France.
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