découverte
15 septembre 2005
Autour du château, une promenade au coeur des plus vieux quartiers palois. Départ de l'Office de Tourisme. Une balade à faire en famille le week-end.
© ville de pau
Le numéro 2 de la rue Henri IV, ancien hôtel particulier construit au XVIIIe siècle, fut rénové au XIXe siècle, époque dont il subsiste un superbe portail en fer forgé. Lord Selkirk, fondateur de Winnipeg, capitale du Manitoba canadien, y mourut.
Ce bâtiment abrite aujourd'hui le siège de l'Office Municipal du Tourisme de Pau.
La rue Henri IV
XVIe, XVIIe, XVIIIe... En quelques dizaines de mètres, la rue Henri IV traverse les siècles. Ici, la ferronnerie d'un balcon. Là, un linteau sculpté. À remarquer, aux n° 28 et 30, l'appareillage typiquement pyrénéen, de galets et de briques de terre cuite.
Au bout de la rue Henri IV, le parlement de Navarre
En 1620, Louis XIII signe à Pau l'Édit d'union du Béarn et de la France. Le Parlement de Navarre est alors créé et s'établit dans le palais de justice construit en 1585, à l'angle de l'actuelle place de la Déportation. En 1716, incendié, le palais ravagé est rebâti et abandonné dès 1856 au profit du palais de justice actuel. Restauré, il abrite maintenant le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques. Sur la façade ouest, en médaillon, Louis Barthou et Léon Bérard, académiciens et hommes politiques de la IIIe République, tous deux nés en Béarn.
Le château de Pau
Le berceau du bon roi Henri, 'noste Enric'. Le château de Pau fut aussi forteresse des vicomtes de Béarn, château fort sous la souveraineté de Gaston Fébus, résidence royale à la Renaissance... Neuf siècles d'histoire à découvrir.
Du poste fortifié du vicomte de Béarn à l'actuel château de Pau, neuf siècles ont passé. Chaque pierre, chaque pièce, chaque meuble du château, chaque fleur de son jardin témoigne d'une histoire riche et mouvementée. Et tout rappelle qu'ici naquit un certain Henri, roi de France et de Navarre.
Les jardins Renaissance perpétuent le souvenir d'Antoine de Bourbon, époux de Jeanne d'Albret, dont le parc était renommé dans toute l'Europe au XVIe siècle. Au deuxième étage du château, la chambre où naquit leur fils Henri. On y voit encore la carapace de tortue qui berça les premiers jours du futur roi de France.
Louis-Philippe fit aménager dans un style flamboyant les appartements de l'aile ouest pour la reine Marie-Amélie, son épouse. Mais ce fut Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III, voyageant entre Biarritz et le Béarn, qui les utilisa plusieurs fois. D'où leur nom d'appartements 'de l'impératrice'.
Le château de Pau s'enorgueillit de l'une des plus importantes collections de tapisseries hors Paris : quatre-vingt seize pièces, provenant de dix-sept tentures différentes, essentiellement tissées aux Gobelins. Elles ont été choisies au XIXe siècle dans le garde-meuble de la couronne par les architectes de Louis-Philippe, puis de Napoléon III, pour orner les murs du château.
C'est par le pont de Gramont que l'on accède au château de Pau. A gauche le donjon date de Gaston III, comte de Foix – Gaston Fébus – qui fit de la forteresse médiévale son château.
Le quartier du Château
La ville médiévale et Renaissance, avec ses rues pavées, dégage une atmosphère ancienne et pittoresque. Ce quartier a été totalement restructuré aux XVIe, XVIIIe et XIXe siècles.
Commencez par la rue du Château, l'ancienne rue Longue. Au n° 2, la Maison Peyré, parfois appelée 'de Sully', un hôtel particulier du XVIIe. Remarquez sa cour pavée et décorée en "noyaux de pêche", de petits galets roulés du gave posés debout. Surtout, caressez le basset : le heurtoir de la maison Peyré est réputé porter bonheur.
Au n° 5, la maison natale de Jean de Gassion, maréchal de France qui s'illustra à la bataille de Rocroy, comme en témoigne la plaque au-dessus de la porte d'entrée ouvragée. N'oubliez pas le n° 9 et sa rare façade à colombages, ni le 13 et son rez-de-chaussée en pierre taillée et façonnée, insolite dans ce quartier de façades enduites.
Un petit tour par la place des États, carrefour des transhumances jusqu'à la Renaissance, et nous voici rue du Moulin, l'une des plus anciennes de Pau. La maison de ville du 34 propose un voyage du XVe siècle – son rez-de-chaussée de pierre – au XVIIIe – ses étages en pans de bois enduits. Au 36, ne ratez pas les façades composées XVIIe et XVIIIe de cet hôtel particulier. La maison de ville du 13, rue Sully vaut le coup d'oeil, avec son intéressant appareillage de façades sur les niveaux supérieurs.
De la rue du Maréchal-Joffre à la place Reine-Marguerite
En chemin par la rue Joffre, d'autres belles demeures XVIIe et XVIIIe siècles à admirer, comme l'hôtel particulier du n° 46, à voir depuis le trottoir d'en face, ou les maisons des n° 40 et 36, avec leurs portes d'entrée cloutées en bois massif. Les numéros 34, 27, 23 et 22 ont chacun leur atout : qui un linteau en anse de panier, qui un balcon filant en ferronnerie... Et voici la place Reine-Marguerite, la plus vieille place de Pau : là s'arrêtait la ville, au XVIe siècle. Place du Marché jusqu'à la Révolution française, elle était aussi le triste théâtre des exécutions capitales publiques, sur le gibet ou la roue. Côté ouest, les arcades sont d'origine, fin XVIe-XVIIe siècles. Côté est, elles datent d'il y a quelques années.
Attention, il y a eu deux 'Marguerite' à Pau !
La première, 'la Marguerite des Marguerites', grande humaniste et première grande romancière française, est la soeur de François Ier. Elle épouse d'Henri II d'Albret, roi de Navarre et deviendra la grand-mère d'Henri IV. La deuxième Marguerite est la Reine Margot, princesse fort belle, intelligente, et extrêmement cultivée. Première épouse d'Henri IV, elle quitta Pau en disant : 'Je ne reviendrai jamais dans ce 'petit Genève calviniste'.
Du passage Parentoy... au musée Bernadotte
Juste après le 12 du chemin du Hédas, le passage Parentoy – du nom de l'habitant qui donna ce terrain à la ville – conduit à la rue des Cordeliers. Devant l'église Saint-Jacques, prenez à gauche, rue Tran. Au n° 8, découvrez la maison natale et la fabuleuse épopée de Bernadotte.
Le quartier du Hédas
En chemin, ne pas manquer la rue René Fournets. Au n° 10, la cour intérieure, avec escalier en pierre XVIIe. Au n°12, une maison de ville XVIe – XIXe. Au 14, un encadrement de porte d'entrée du XVe siècle, avec claveau sculpté.
Lié aux premières origines de la ville, le quartier du Hédas naît, au bord du ruisseau qui alimente la seule fontaine de la ville et le lavoir. Les Paloises descendent le ravin pour y chercher l'eau. Les artisans, fort nombreux en ces lieux, y trouvent le sable, les graviers et les galets des nobles demeures paloises. Le Hédas, ses cabarets et ses auberges, ses abattoirs, ses tanneurs, ses courses de vaches : le plus vieux quartier populaire de Pau était aussi animé qu'irrévérencieux.
Musée Bernadotte
Si vous voulez du sang et des guerres, l'or des rois et la gloire de la République, tout cela dans un cadre typique du XVIIIe béarnais, bienvenue au musée Bernadotte !
Au coeur d'une maison authentiquement béarnaise, venez découvrir la fabuleuse épopée de Bernadotte, jeune officier palois aux ordres de Napoléon Bonaparte, qui devint Roi de Suède, de Norvège et de Poméranie orientale.
Cette demeure a vu naître le jeune Bernadotte, dont les descendants règnent encore. La cuisine est restée à l'identique depuis environ deux siècles. Elle restitue à merveille l'austérité et la simplicité, dans des tonalités chaudes ocres, de cet univers béarnais. Collection riche dans sa diversité : portraits de la famille royale, meubles d'époque, gravures, sculptures, armes, de nombreux plans de bataille de l'épopée impériale...
Jean-Baptiste Bernadotte
Simple soldat en 1780, général de brigade avec Bonaparte, puis maréchal d'Empire, Jean-Baptiste Bernadotte, né à Pau en 1764, guerroya au nom de la France. Les Suédois ne l'en apprécièrent pas moins : ils lui offrirent le trône en 1810. Elu prince royal de Suède, il succéda au roi Charles XIII en 1818. C'est ainsi que les descendants d'un modeste palois règnent encore à Stockholm.
La place Gramont
En 1779, l'ingénieur François Flamichon s'engage à construire en ces lieux une place elliptique, à ses frais. Il meurt après moultes péripéties et loin d'avoir terminé les travaux. La place ne sera achevée qu'en 1838, d'abord place Henri IV, puis place Gramont, en hommage au gouverneur qui soutint Flamichon dans ses efforts d'aménagement. Finalement octogonale, cette place est le seul ensemble architectural palois du XVIIIe siècle entièrement rénové.
Corisande
Née en 1555, Diane Corisande d'Andoins, duchesse de Gramont et comtesse de Guiche, jeune veuve cultivée, entretint une longue liaison avec Henri IV. Par son soutien politique et financier, elle joua ainsi un rôle déterminant dans l'accession du roi de Navarre au trône de France en 1594.
La porte Corisande
Au bout de la rue Lassansaa, du nom de la nourrice d'Henri IV, se dresse la porte Corisande... belle amie du même Henri. Cette même 'grande Corisande' dont Montaigne écrivit dans Les Essais, en préface des vingt-neuf sonnets de La Boétie : 'il est peu de dames en France qui jugent mieux et se servent plus à propos que vous de la poésie'.
Tour de la Monnaie
À travers les jardins Renaissance du château, on arrive devant la tour de la Monnaie. Le Béarn y battit jusqu'à la Révolution, des monnaies à l'effigie du roi de France. Elles portaient au verso les vaquetas ('vachettes') béarnaises. Appelée 'Camp Batailhé', la place de la Monnaie fut le théâtre des duels et des jugements de Dieu. Elle devint le siège de fabriques artisanales. Cette place, réhabilitée, a retrouvé ses belles demeures.
Le square Saint-Martin
Le circuit des trois royaumes s'achève 'au pied' de Saint-Martin, l'homme qui partagea son manteau avec un pauvre, comme nous l'enseigne l'histoire chrétienne. Adossée au Parlement, l'église du saint patron de Pau date du XIXe siècle. On peut y admirer les mystères du rosaire peints par Hippolyte Flandrin et une Résurrection du Christ d'Eugène Devéria.
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