nature
15 septembre 2005
Mais comment décrire ce paysage époustouflant, ces surprenants palmiers sur fond de neige en hiver, ces lumières changeantes au gré des heures et des saisons ? Très fréquenté dès sa création, le Boulevard des Pyrénées n'a rien perdu de son attrait, ni pour les Palois, ni pour les touristes. N'est-ce pas ?
© ville de pau
Le square Saint-Martin. Dans la rue Henri IV, entre l'office de tourisme et le château, un petit jardin entoure l'église Saint-Martin. À droite du porche néo-gothique, un citronnier amer. Dans le square, un lilas des Indes, un arbre de Constantinople, un érable du Japon... Des essences venues de loin pour le plaisir des palois d'un jour ou de toujours.
Les experts du Conservatoire des jardins botaniques de Bordeaux qualifient certains arbres de 'remarquables', en raison de leur taille, de leur âge ou de leur rareté.
Le domaine national du château
Tout en terrasses, le jardin du château, avec ses vergers, ses tonnelles, ses vignes, enjambe le pont de Nemours, traverse la Basse-Plante, rejoint le golf de Billère et peut-être même les saligues du gave, à Laroin, si l'on aime marcher.
À l'ouest du château, la Basse-Plante et le parc. Au sud, sous les fenêtres de la chambre du roi, le jardin Renaissance. C'est au XVIe siècle, en effet, que remonte la renommée du parc du château des rois de Navarre. Déjà les buis taillés d'Antoine de Bourbon attirent les compliments. Henri IV et sa soeur Catherine de Navarre, héritiers du goût de leur père, importent d'Espagne des citronniers, des grenadiers, des orangers et des myrtes. Le bon roi fait planter plus de deux mille arbres. Avec sa belle amie Corisande d'Andoins, il aime à rêver en ses jardins.
Au XVIIIe siècle, abandon progressif des jardins et du parc. À la Révolution, transaction secrète : une société d'actionnaires palois achète la Basse-Plante et le parc. À l'avènement de Louis XVIII, ils les rendront à la royauté, à la condition qu'ils restent ouverts au public. Plus tard, la restauration du château s'accompagne de travaux dans le parc et de la construction du pont de Nemours : le château est désormais relié à la Basse-Plante.
Sur fond de Pyrénées et de gave – ce panorama grandiose – découvrez l'allée Madame tracée par Catherine de Navarre et son alignement de cent quarante-sept tilleuls. Côté sud, une palissade de bois : l'illusion naît de soixante-sept platanes rigoureusement plantés à quatre mètres. Noueux et tortueux, les hêtres n'en paraissent que plus étonnants. Et ne regrettez pas les espaces un peu dénudés : là pousse la futaie de demain.
Dans ses multiples carreaux, le jardin Renaissance, au midi du château, nourrit plantes médicinales, aromatiques, légumes, fleurs et vigne. Amusez-vous à reconnaître les sauges patens, gregii ou chamaedroïdes, le géranium vivace, les gazanias, les lantanas ou les légumes. Cherchez la petite pimprenelle, cette salade que goûtait Henri IV, ou le perilla de Nankin. Plus de cinquante espèces ornent ce jardin.
Les jardins contemporains de l'hôtel du département
Vous avez rejoint la tour de la Monnaie, pris l'ascenseur. Suivez le petit chemin au bord du canal, un héritage du XVe siècle qui actionnait le moulin de l'hôtel des Monnaies et la minoterie du château. Il fonctionna jusqu'à la fin du XXe siècle. Vous voici dans les jardins du Conseil général des Pyrénées-Altlantiques.
Surprise ! Un premier jardin de pierres et d'eau, ponctué de palmiers, où allées et bassins rectilignes se succèdent. L'eau construit le jardin, en parallèle au canal. Amusante fierté paloise qui appelle 'palmiers du pays', ces trachycarpus fortunei de l'Himalaya, sous prétexte qu'ils furent les premiers plantés à Pau en 1857.
Venez au printemps admirer les arbustes de terre de bruyère : rhododendrons, azalées, camélias, hortensias. Amusez-vous à traquer le phlox, l'alchille ou la primevère. Remarquez les palmiers bleus d'Amérique dans les grands pots à l'entrée des bâtiments. À l'intérieur, encore une surprise : deux jardins japonais, hautement symboliques.
Les jardins Joantho
En longeant le canal bordé de platanes, le promeneur arrive au funiculaire. Face à la gare, les jardins Joantho, du nom du conseiller municipal qui en proposa le plan à Henri Faisans, maire de Pau de 1888 à 1908. Le regard se lève : la magnifique perspective que voilà sur les contreforts du Boulevard des Pyrénées ! Palmiers du jardin sur fond de palmiers du boulevard, mimosas et bananiers, nous voici en Méditerranée.
Une petite soif, un coup de fatigue ? Au pied du funiculaire, les sentiers du Roy remontent vers le Boulevard des Pyrénées, ses bancs et ses terrasses. Mais attention, le réconfort est au bout de l'effort : ça grimpe ! Moins fatigant pour s'échapper vers la ville, un funiculaire ! (pour en savoir plus sur le Boulevard des Pyrénées, aller au n° 7).
Le funiculaire
Mis en service en 1908 et rénové en 1978, il est gratuit. Il emmène les voyageurs de la gare jusqu'à la Place Royale qui surplombe la Palmeraie et offre une des plus belle vue sur les Pyrénées.
Ouvert tous les jours : de 6 h 45 à 12 h 10, de 12 h 35 à 19 h 50 et de 20 h 15 à 21 h 40.
Les dimanches et jours fériés : de 13 h 30 à 19 h 50 et de 20 h 15 à 21 h.
Fermé les 25 décembre, 1er janvier, 1er mai et lors des Grands Prix Automobiles de Pau.
Le parc Beaumont
C'est à la comtesse Anna de Noailles que la ville de Pau acheta ce parc en 1876 et pour 800.000 F de l'époque. En 1898, Henri Martinet, architecte paysagiste, redessine le parc dans un style... anglais, bien sûr. Ses allées qui convergent vers le kiosque à musique, son lac au cyprès chauve, animé par les cygnes et les canards, sont toujours là. De très beaux arbres, pour beaucoup centenaires, agrémentent le parc Beaumont : des séquoias toujours verts de Californie, des cèdres de l'Himalaya, des araucarias d'Argentine et du Chili, des arbres de Judée, des marronniers d'Inde des Balkans, des magnolias.
Remontez l'escalier de l'avenue Gaston Lacoste. À l'est, les palmiers méditerranéens du jardin Joantho, au diable les points cardinaux !
Au bord de l'avenue Napoléon Bonaparte, le Mexique offre ses yuccas, ses agaves, ses opuntias et ses ferrocatus. Un coup d'oeil au Bois-Louis et à son virage célèbre dans les annales du Grand Prix de Pau, marchez jusqu'au parc Beaumont.
Cyprès chauve (près du lac), laurier tulipier (près du pont Oscar), cyprès de Lawson (pente sud), magnolia de Solange Bodin (pente sud, face au palais), araucaria du Chili (nord du parc). Tous remarquables par l'âge et la taille.
Sapindacées (versant sud-est du parc), xanthocera sorbifolia, chêne à feuilles de saule (au sud de la roseraie), caroube à miel (clôture du lycée Barthou). Remarquables par leur rareté dans la région.
Bucolique, le jardin pyrénéen rappelle la montagne – c'est bien le moins devant un tel paysage –, ses rochers, ses vivaces, ses ruisseaux. Tout près, sur la pente sud, le Théâtre de Verdure accueille des spectacles en été. Rejoignez l'allée Anna de Noailles, marchez vers l'ouest, découvrez la roseraie, créée en 2000. Chacune de ses pergolas est vouée à une teinte de rose et compte de deux à six variétés.
Les amateurs de roses peuvent s'informer en détail sur la roseraie du parc Beaumont à l'office de tourisme.
Le Square Besson
Encore prêt à marcher ? Au bout de l'allée Anna de Noailles, empruntez la rue des Réparatrices. Contournez l'école de musique, admirez les villas anglaises de l'avenue du Stade nautique. Entrez dans le Square Besson. Laissez les imposants séquoias toujours verts vous prendre sous leurs ailes.
Le Boulevard des Pyrénées
La rambarde d'orientation qui borde le boulevard des Pyrénées a son petit secret. Placez-vous devant, face aux Pyrénées. Portez le regard vers la plus haute cheminée, celle de l'ancienne usine de tramway. Lisez la rambarde : depuis les contreforts de l'Ariège jusqu'au Pays Basque, elle vous indique le nom du sommet ou du site placé juste derrière la cheminée.
Retraversez le parc Beaumont, passez le pont Oscar II, du nom du petit-fils de Bernadotte, ce Palois qui devint roi de Suède. En faisant abattre le mur du midi place Royale, Napoléon Ier révèle aux Palois les beautés de la montagne qui devint, dès lors, une source d'inspiration incontournable pour les poètes et peintres romantiques. Leurs oeuvres sont un hymne à l'éclat du panorama palois et le rendent à jamais célèbre.
À la fin du XIXe siècle, Adolphe Alphand, collaborateur de l'urbaniste parisien Haussmann, conçoit le Boulevard des Pyrénées à partir d'un balcon naturel, comme le font d'autres urbanistes à Nice pour la Promenade des Anglais.
Long de 1.800 m, le boulevard relie le parc Beaumont à celui du Château. Mais comment décrire ce paysage époustouflant, ces surprenants palmiers sur fond de neige en hiver, ces lumières changeantes au gré des heures et des saisons ? Très fréquenté dès sa création, le Boulevard des Pyrénées n'a rien perdu de son attrait, ni pour les Palois, ni pour les touristes. N'est-ce pas ?
La Place Royale
Après la verdure, un clin d'oeil à la verdeur (galante) d'Henri IV, dont la statue trône ici depuis 1843. Une pensée pour Napoléon Ier et ce mur abattu au profit de la vue sur les Pyrénées. Repos sous les tilleuls. Fin du circuit.
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