chroniques
© ville de pau20 juillet 2009
Le Tour de France et ses coureurs ont depuis toujours inspiré les écrivains.
A Pau, nous avons la chance de profiter de la plume de Christian Laborde, qui à l'occasion de sa chronique quotidienne dans le Figaro, a souhaité saluer le Palois Stéphane Augé.
Fenêtre sur Tour
Le capuccino de Stéphane Augé
Nous qui avons connu la France des départementales, des Bar-Tabacs-Journaux-Mercerie, et des matchs de rugby intercommunaux disputés à l'heure de la messe sur des terrains imparfaits, nous ne souhaitons pas travailler le dimanche. Ni le matin, où nous dormons. Ni l'après-midi, où nous assistons au grand prix cycliste du coin avec son animateur en chemisette hurlant au micro à l'intention des coureurs : « Prochain tour : 3000, 2000 et 1000... »
Tout le monde a droit à son jour sans bosser, sauf les coureurs du Tour qui, eux, pédalent même durant la journée de repos. La journée commence par un petit déjeuner léger. Stéphane Augé qui connaît bien la France dont je viens de parler, déjeune d'un bol de café et de deux tartines beurrées avec un peu de confiture, comme il l'a toujours fait, comme le font ses parents dans la ferme familiale de Bougarber. Sis près de Pau, Bougarber compte 630 habitants et quelques animaux qui paissent peinards. Stéphane Augé, qui a son Bac agricole, est devenu pro au terme d'une formation par alternance : travaux des champs à Bougarber et ascension du col d'Aubisque avec le Lescar Vélo Sprint. Mains au guidon, pluie dans la gueule et dossard au cul, Stéphane Augé garde les pieds sur terre, même quand il reçoit un bouquet. Comme ce voisin qu'il admire, un certain Gilbert Duclos-Lassalle.
Stéphane Augé, tient à ce que l'entraînement, le jour de l'étape de repos, soit un « entraînement rugby ». Comprenez : « un entraînement avec mi-temps ». On fait cent bornes et l'on s'installe à la terrasse d'un bistroquet. Pour boire un capuccino. Et parler avec les équipiers. Stéphane Augé estime que ce moment de détente a autant d'importance que les kilomètres effectués pour rentrer à l'hôtel. Il a raison, Stéphane. La preuve : il est toujours devant.
Christian Laborde
Paru dans le Figaro, le mardi 14 juillet 2009
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