pau.fr
plan du site
contacts
newsletter
web tv
Tourisme
recherche ok

dossiers

© ville de pau

VISITE IMPÉRIALE AU CHÂTEAU DE GELOS

03 octobre 2007

Grâce au chroniqueur Dugenne, et à l'Annuaire des professions de 1839, retrouvé par le service communication, les Palois ont une description historique du château de Gelos et de la visite détaillée de Napoléon en 1808. Bonne lecture à tous les amateurs d'inédits.

Château de Gelos

Vous êtes-vous parfois avisés, par un beau clair de lune, et par une de ces belles soirées d'automne si fréquentes sous la latitude où repose la ville au noble berceau d'Henri IV, de contempler, du haut de la place Royale, le magnifique diorama qui se déroule sous vos pieds et se perd de là dans un lointain et neigeux horizon ? Alors, pendant que votre vue se promenait pensive sur ce riche tapis nuancé de teintes si diverses, vos regards ne se sont-ils pas arrêtés le long de cette nappe d'argent qui divise le vallon en deux, et, par de-là les flots écumeux et diamantés du gave, ne vous-êtes vous pas pris à admirer cette construction élégante et majestueuse qui se dessine si gracieusement au milieu de ce vaste cirque ?
Il n'est rien pour rendre l'effet que produit alors le château de Gelos, si ce n'est cependant encore lorsque, par une de ces nuits où le canon officiel des réjouissances publiques a grondé, ses murs s'illuminent tout à coup et projettent autour d'eux des rayons éblouissants de lumière ?

Ce sont là de ces scènes féeriques que le pinceau et la poésie devraient s'attacher à traduire avec leur langage expressif et saisissant ; ce que nous voulons nous, qui ne sommes ni poète ni peintre, c'est d'essayer de tirer de l'oubli quelques-uns de ces souvenirs qui se lient à cette illustre demeure.
Avant les premiers troubles de la révolution, le château de Gelos, ancienne abbaye, ne présentait pas le coup d'oeil régulier qu'il offre aujourd'hui. Les constructions actuelles ne datent que de l'année 1784 et furent exécutées par le baron Duplàa, président de la Chambre des comptes au Parlement de Navarre, qui était alors le possesseur de ce domaine. Son propriétaire antérieur avait été M. le marquis de Casau, procureur général au Parlement, lequel avait été installé en qualité de seigneur de Gelos, de Jurançon et de Gan, le 27 novembre 1765.

M. de Duplàa avait fait de sa propriété le rendez-vous de la noblesse, de la magistrature et de tout ce que le Béarn avait alors de plus illustre. On ne parlait que des fêtes de Gelos. Chaque jour et à chaque heure, les avenues se couvraient de voitures élégantes, d'équipages brillans (sic), dont les armoiries représentaient tous les noms historiques du pays : on pouvait dire que c'était là le Versailles béarnais. Au milieu des salons où resplendissaient les toilettes les plus riches et toutes les modes de la Cour de Marie-Antoinette, venaient se réunir la plupart des membres de ce vieux Parlement qui avait succédé à la Cour Mayour. C'était ensuite auprès d'eux l'élite des administrateurs de la Province qui accouraient du fond de leurs sénéchaussées. A côté des anciens barons du Béarn, venait encore toute cette jeunesse turbulente et à épaulettes d'or, qui, portant l'épée et les couleurs du Roi, aimait à consumer gaiment (sic) dans les bals et dans les plaisirs l'exil sans cela si ennuyeux des garnisons, et se dédommageaient auprès des belles Béarnaises de ne pouvoir aller affronter la mort sur les champs de bataille de l'Amérique, où se distinguaient déjà Rochambeau et Lafayette.
C'était donc, on peut le voir, un spectacle animé que présentait le château avec cette foule d'hommes distingués, des magistrats, d'officiers du Régiment de Bourgogne-Cavalerie, lequel tenait alors garnison à Pau, de dames, etc. Chaque jour après le dîner qui, suivant l'antique usage de l'époque, avait alors lieu à une heure, on passait le temps, les uns à d'aimables et spirituelles causeries, d'autres à la promenade. Ensuite, le moment du souper arrivait et le jeu, qui dans le Béarn, comme partout, était, dans ces temps, fort à la mode, se prolongeait jusqu'au jour. (On se rappelle avoir vu M. de Jasses gagner dans une seule soirée 35.000 livres à son ami M. le chevalier de Navailles.) Cette passion du jeu, poussée à un tel excès, pourrait paraître excusable au reste chez des gens dont l'opulence était au-dessus de pareilles pertes. On ne comptait pas alors à Pau une seule famille parlementaire qui n'eût au moins un revenu de 25.000 livres ; on ne voyait dans ses rues que des voitures traînées par des attelages de quatre et de six chevaux. Jamais notre ville, qui n'avait pas encore la physionomie étrangère qu'on y remarque aujourd'hui, n'a eu plus de brillante époque. Sa population s'élevait à 16.000 âmes et elle était toute Béarnaise.
Voilà ce qu 'était Gelos avant la Révolution ; arrivons actuellement à une autre époque.

Après le régime sanglant de la terreur, les folles saturnales du Directoire et les journées brillantes du Consulat, l'Empire français avait été constitué sous la main puissante du jeune général de l'Armée d'Italie. Quatre ans s'étaient à peine écoulés depuis que les votes de la nation avaient appelé ce dernier au trône impérial, lorsqu'au commencement de l'été 1808 on apprit que Napoléon, qui au mois d'avril s'était rendu à Bayonne pour y régler à sa manière les affaires d'Espagne avec le roi Charles IV et le prince des Asturies, devait, à son retour, traverser la ville de Pau. Cette nouvelle fut reçue avec d'indéfinissables acclamations : on fit partout des préparatifs ; toutes les pompes municipales furent déployées ; et bientôt précédés par les populations des alentours, qui abandonnaient leurs travaux pour venir contempler l'homme dont le nom retentissait au-dessus des ceux des plus illustres capitaines, l'Empereur et Joséphine firent, le 22 juillet, à 11 heures du matin, leur entrée dans la capitale Béarnaise.

La marche était ouverte par une compagnie de chevau-légers et un escadron de gendarmes d'élite. Derrière étaient placés les gardes d'honneur du département escortant les voitures impériales. A l'une des portières de la berline de voyage qui renfermait leurs majestés se trouvait M. de Castellane, préfet des Basses-Pyrénées. L'air retentissait partout des cris de Vive l'Empereur ! Vive l'Impératrice ! Les toits, les arbres, tout était recouvert d'habitans (sic)et le plus beau des soleils de juillet éclairait cet éblouissant spectacle.

Un Arc-de-Triomphe (sic) avait été élevé à l'entrée de la Basse-Plante ; il portait pour inscription : Hommage de la Ville de Pau à Napoléon Le Grand ! C'était là que les autorités municipales s'étaient placées pour adresser une harangue à l'auguste couple : trente jeunes personnes vêtues de blanc vinrent également y offrir leur hommage à l'Impératrice ; et pendant ce temps, au-dessus des rues partout jonchées de verdure, les cloches sonnaient à toute volée et le canon grondait en salves majestueuses.

Napoléon paraissait impatient d'arriver au château de Gelos. A 3 heures, il reçut les diverses autorités, entendit les discours de congratulations des corps administratifs et judiciaires, monta ensuite à cheval et suivi du grand maréchal du palais, du prince de Neufchâtel, du général Bertrand et d'un nombreux état-major, ayant à ses côtés le mameluk, sur la fidélité duquel il comptait alors, il alla visiter le château d'Henri IV (auquel il n'attacha, dit-on, qu'une attention très secondaire), de là se rendit au Lycée où il interrogea plusieurs élèves ; puis prenant la rue Bonaparte, il descendit le Pont-Neuf (pont Bordenave d'Abère), alla au Cours-Bayard, parcourut la ville dans tous les sens, et d'un seul coup d'oeil embrassa tout ce qui manquait à ses embellissemens (sic) et à ses besoins.

Quelques particularités caractéristiques signalèrent les instants rapides que nous venons de raconter. Nous avons dit que tous les corps constitués furent admis auprès de l'Empereur. On sait qu'il avait pour habitude d'être grand questionneur et que dans les réponses il n'aimait pas la prolixité : il voulait à tout une concision en quelque sorte mathématique (1) –Combien, dit-il en s'adressant au président de la Cour d'appel, avez-vous ordinairement d'affaires civiles à juger ? –Tant répondit vivement le magistrat. - Et des causes criminelles ? – Le nombre en fut également donné. –Et quel est le département de votre ressort qui fournit le pus d'affaires ? –Le département des Hautes-Pyrénées, Sire !
A ces derniers mots, un des magistrats du département inculpé, qui faisait partie du cortège, crut qu'il était alors de son devoir de prendre la parole et, sans autre préambule, il se mit à donner une explication, afin d'atténuer l'attaque faite à la belle Bigorre ; mais il avait compté sans son auditeur. – L'empereur, sans l'écouter, avait déjà commencé d'autres questions.

(1) Voici une petite anecdote qui prouve à quel point Napoléon faisait cas de la brièveté dans ses harangues : Un jour qu'il était allé visiter un lieu célèbre par une des victoires d'Henri IV (le champ de bataille d'Ivry), il arriva sans avoir fait prévenir personne. Aussitôt, le maire de s'empresser de ceindre son écharpe et de préparer à la hâte quelques phrases ; mais le temps pressait et il fallait tout dire en quelques mots ; ce fut en effet ce qui eut lieu. « Sire, s'écrie l'orateur campagnard, cette plaine aura désormais à garder le souvenir de deux grands hommes. » Ce discours de province fut trouvé si rempli dans son laconisme, que Bonaparte prenant sa croix d'honneur, l'attacha lui-même à la boutonnière du maire du village. M ; de Fontanes disait souvent, en rappelant cette scène : « Je donnerai un de mes discours pour avoir fait celui-là . »

S. M. alla visiter le Haras impérial installé aux Astous, s'entretint dans le plus grand détail de toutes les parties de cette administration, examina tous les étalons et parut très satisfait des moyens employés pour régénérer la race des chevaux navarrais. Reconnaissant que les chevaux arabes étaient plus propres pour arriver ce but, l'empereur daigna accorder au Haras deux superbes étalons de cette race qu'il avait précédemment envoyés de St Cloud pour faire la monte dans le département et il en promit un plus grand nombre.

-Je trouve, se mit-il à dire en se tournant vers M. de Castellane, que cet emplacement n'est pas assez spacieux ; il faut que le département se mette en mesure de s'en procurer un autre.
-Sire ! s'empressa de répondre le Préfet, il en est un qui conviendrait à merveille pour cela. –Quel est-il ? –Le château même qu'occupe aujourd'hui V. M. –Eh bien ! Qu'on l'achète, dit Napoléon. Au surplus, continua-t-il, mon intention est de l'élever à une classe supérieure. Puis il ajouta tout haut : je veux qu'on s'occupe aussi de l'endiguement du Gave et, quant aux prisons, c'est à l'hôtel Gassion qu'elles seront transférées.

Cette visite aux Astous donna lieu encore à un petit, incident :
Napoléon, en annonçant qu'il allait visiter le Haras, était monté rapidement à cheval et s'était élancé au grand galop sur la route de Gan. Le piquet de la garde d'honneur qui devait lui servir d'escorte, surpris à l'improviste par un si brusque départ, n'eût pas le temps de se mettre en selle que déjà le vainqueur d'Austerlitz fesait (sic), à défaut de nuages de poudre, voler autour de lui des nuages de poussière. Pendant que tous ses écuyers, qui n'avaient pas l'habitude de la voltige impériale, étaient occupés à mettre leurs montures au pas, un seul de ces gardes d'honneur s'était jeté ventre à terre sur les traces de l'empereur et, après une course de longue haleine, il arriva avec tant d'impétuosité sur le cortège, que Duroc quelque peu effrayé de voir un cavalier se précipiter le sabre à la main dans la direction de S. M., vint se jeter vivement au devant de lui en lui demandant l'explication, de cette conduite. Celui-ci se justifia en quelques mots. –Fort bien, ajouta alors le duc de Frioul, ce zèle est très louable ; mais restez derrière S. M. à une distance de quinze pas.

Le soir, toutes les maisons de Pau se trouvèrent illuminées comme par enchantement. Rien ne parut plus brillant que les milliers de verres de couleur qui entouraient de leurs guirlandes les arbres de la Basse-Plante. Une scène magnifique eût également lieu sur les coteaux qui, à un même signal, se trouvèrent tout à coup surmontés d'aigrettes de feu !

On raconte que pendant le peu d'heures que Napoléon passa au château de Gelos, il y reçut la visite d'un grand seigneur espagnol, personnage mystérieux sur lequel abondèrent alors force conjectures. –Les uns voulaient que ce fut Escoïquitz, d'autres le Prince de la Paix. –Quoiqu'il en soit, l'empereur occupait un appartement au rez-de-chaussée du pavillon de droite, et la grande chaleur avait forcé à en tenir les croisées ouvertes. Les personnes que leur service appelait dans la cour virent S. M. debout pendant une parie de la nuit auprès d'une table sur laquelle une carte était étendue. Il paraissait causer vivement avec le comte Berthier, l'abbé de Pradt et M. de Champigny (2), puis de temps à autre il croisait les bras, se promenait brusquement et venait se replacer devant la table où il désignait des points sur la carte. Cette scène, comme nous venons de le dire, dura une partie de la nuit.
Le lendemain, à cinq heures du matin, Napoléon avait quitté la ville de Pau ; mais satisfait de l'accueil qu'il avait reçu ainsi que l'Impératrice, dont tous les pas avaient aussi été salués par de vifs témoignages d'enthousiasme, il avait voulu en exprimer sa reconnaissance par les décrets suivans (sic) datés du même château de Gelos.

(2) Voici la liste exacte des personnages qui accompagnaient l'Empereur lors de son passage à Pau. Nous y joignons l'indication du logement qu'ils occupaient :

Berthier, prince de Neufchâtel et sa suite, chez Labedens. Maret, duc de Bassano, hôtel de Castellane. De Champagny, ministre des Relations extérieures, chez Dabadie. Duroc, duc de Frioul, grand maréchal du palais et le comte Nansouty, grand écuyer, à la maison de campagne de Bayet. M. de Pradt, archevêque de Malines, chez Dubourcave. De Beausset, préfet du palais, chez Duplàa. Les comtes de Bondy et d'Angosse, chambellans, chez Lansac. Le colonel Lebrun, d'Oudenarde et Cavalette chez Navailles. D'Hédouville, officier d'ordonnance, chez Lansac, à la campagne. Le colonel Henry et les gendarmes d'émite au château de Lezons. La compagnie des chevau-légers, à l'orangerie du château de Gelos. Deux pages chez d'Espalungue. Le secrétaire du palais chez Dabadie. Les généraux Ordener et Beaumont, maison de campagne Boiz.
Logés en ville et à Gelos : Deschamp, secrétaire des commandemens (sic), le fourrier du palais, trois sous-contrôleurs, trois maîtres d'hôtel, seize officiers de bouche, douze valets de pied, courriers, piqueurs, coureurs , etc.
Logés au Palais, Mme de Montmorency, le général Bertrand, MM Fain et de Menneval, secrétaires du cabinet, baron Yvan, premier chirurgien. Valets de chambre de l'Empereur, valets et femmes de chambre de l'Impératrice, premier maître d'hôtel. Toute la cuisine, tout l'office, moitié des valets de pied, huissiers et gardes du portefeuille etc, etc.

Ne doit-on pas être surpris de cette vaste intelligence de Napoléon, qui, au milieu des plus graves préoccupations politiques, trouvait encore des momens (sic) pour descendre jusque dans les détails les plus secondaires de chacune des branches administratives ; surtout si l'on remarque que son regard d'aigle avait saisi d'un seul jet toutes les améliorations qui pouvaient le plus importer à la prospérité du département. Tout ce que le pays a vu depuis lors réaliser d'utile pour lui n'a jamais été, en effet, que la suite de ces premiers projets de l'Empereur.

Avant de quitter Pau, il avait encore signé d'autres décrets. L'un nommait chevalier de la Légion d'honneur M. de Gontaut-Biron, commandant des Gardes d'honneur des Basses-Pyrénées. Deux autres conféraient au Préfet l'emploi de maîtres de requêtes et la croix de la Légion.
M. de Castellane (Boniface Louis André), général de brigade et préfet de l'empire, est, de tous les administrateurs qui se sont succédés dans le département jusqu'à ce jour, celui qui y a laissé les souvenirs les plus brillans (sic). Les Basses-Pyrénées lui sont redevables d'une foule d'établissements utiles et de magnifiques routes, entre autres celle des Eaux-Bonnes. La représentation qu'exigeait l'Empereur de tous ses hauts fonctionnaires, militaires et civils, était, pour M. de Castellane, un devoir qu'il accomplissait tout à fait par goût et il y sacrifiait, sans la plus petite hésitation, son immense patrimoine. Grâce à ses fêtes brillantes, à ses salons constamment ouverts à tous les hommes distingués du Pays, à la nouvelle noblesse, et à celle d'autrefois, aux artistes, aux savans (sic), aux étrangers, il contribua efficacement, on peut le dire, à la fusion de toutes les nuances politiques, et c'est peut-être la seule influence qu'il exerça dès lors sur la haute société que l'on doit cette teinte modérée d'opinions qui, aujourd'hui encore, est un des traits les plus caractéristiques de nos contrées.

Un des décrets de l'Empereur, dont nous venons de donner le texte, avait été que le Haras de Pau, qu'il élevait à la 2e classe, serait transféré dans une maison appartenant au domaine. En conséquence donc, et pour se conformer à la volonté impériale, des démarches avaient été faites dès l'année 1809 ; mais après d'inutiles estimations, le château de Gelos avait été, en 1811, loué seulement par la ville et dès ce moment on y avait transféré le Haras. Ce ne fut qu'en 1817 que l'affaire pût se terminer, et l'achat définitif du domaine de Gelos eut lieu à cette époque moyennant la somme de 132.225 francs, sur lesquels 78.958 francs furent seuls à la charge du département des Basses-Pyrénées.

Cette acquisition qui fixait irrévocablement dans le pays un établissement aussi utile et assurait à l'Agriculture une branche très importante d'industrie ; qui, de plus, devait contribuer efficacement à le conserver et à encourager la propagation de cette belle race de chevaux Navarrais, sans rivale pour l'arme de cavalerie légère, fut reçu partout avec la plus vive satisfaction. Par sa situation près de Pau et au centre d'une vallée abondante en chevaux et en pâturages, arrosée en outre par le Gave, le domaine de Gelos était, plus que tout autre point que l'on eût pu choisir, tout à fait approprié à sa nouvelle fonction ; aussi fut-on reconnaissant à M. Dessolles de tous les soins qu'il avait pris pour arriver à cette négociation.

Vingt-sept ans se sont écoulés depuis que le haras, appelé à la régénération chevaline du pays, est installé au château de Gelos, et aujourd'hui, le Conseil général vient de sanctionner une mesure qui doit donner une plus grande splendeur encore à cet établissement. Nous ferons remarquer à cet égard qu'autrefois les Etats de Béarn, lorsqu'il s'agissait d'encourager de semblables institutions, ne reculaient devant aucune espèce de sacrifices. Ces traditions ne doivent pas se perdre.

Nous ajouterons que le Haras de Gelos nous paraît mériter peu le délaissement dont on &avait semblé le menacer d'abord. Ses écuries renferment des chevaux magnifiques, presque tous enfants du sol ; et tandis que la moyenne des saillies faites pendant l'année dans les autres haras de France n'est que de quinze au plus, celle de cet établissement, nous a-t-on assuré, s'est toujours maintenue dans des limites plus larges, entre 35 à 40.

Le projet d'établir à Lezons un dépôt de jumens (sic) est donc une mesure qui ne peut manquer de produire de bons et utiles résultats.

Telles ont été, jusqu'à ce jour, les destinées du château de Gelos, de ce lieu qui rappelle à la fois et les souvenirs de notre antique magistrature et le passage du grand homme que la gloire, lasse de l'avoir porté vingt ans sur ses ailes de feu, laissa retomber un jour sur le roc meurtrier de Sainte-Hélène !...

Maintenant, si l'on nous demande si c'est là tout le château de Gelos, nous répondrons qu'il est encore des choses que le crayon n'a pu embrasser. Cette charmille élégante qui se dessine devant l'édifice ; ce beau parc dont les arbres baignent leurs pieds dans le Gave, cette vaste orangerie, veuve aujourd'hui de ses énivrantes (sic) senteurs, et cette spacieuse enceinte où sont étiquetés dans leurs stalles les nobles chevaux de l'Arabie, de l'Angleterre et les produits d'élite de notre sol ; tout cela n'a pu être reproduit dans ce cadre beaucoup trop restreint. Il faudrait un tableau pour chacune de ces choses et pour chacun de ces chevaux un Carle Vernet.

Dugenne

Extrait de l'Annuaire administratif, judiciaire et industriel du Département des Basses-Pyrénées pour l'an 1839.
Publié à Pau, Imprimerie de E. Vignacour, libraire, imprimeur de la Préfecture.

imprimer l'article recommander l'article
dossiers



pratique
agenda portails des associations droitsetdemarches citoyennete evenementdevie coordonnees utiles lien plan interactif de la ville de Pau cartes postales newsletter messagerie
interactif
Actualité municipale Travaux Telecharger E-ateliers Chats Blogs
pau web tv

Conférence UTLA

TALLEYRAND, DERNIERES NOUVELLES DU DIABLE, par Emmanuel de Waresquiel, Docteur en Histoire. en savoir plus

L'actualité de la Web TV Pau Porte des Pyrénées

Dernières vidéos en ligne : Le patrimoine linguistique béarnais, Rencontre entre les joueurs de la Section et des enfants du quartier Saragosse, Les acteurs du territoire Béarn et Bigorre pour la desserte LGV, Installation de la deuxième promotion du Conseil Local des Jeunes, Le centre culturel espagnol de Pau... en savoir plus

Commerce : un périmètre de préemption

L'instauration d'un périmètre de préemption sur les fonds de commerce, les fonds artisanaux et les baux commerciaux, a été votée le 30 juin dernier par le Conseil municipal, afin de garantir l'équilibre commercial du centre ville. en savoir plus