portraits
© thierry jacob14 février 2008
Natif de Libourne, Princeteau fut connu et reconnu pour ses magnifiques peintures hippiques. Il fut aussi le professeur du comte de Toulouse-Lautrec.
Pierre-Charles-Marie Princeteau, dit René, naquit à Libourne le 18 juillet 1843. Sa famille, appartenant à la haute bourgeoisie locale, possédait de nombreux domaines viticoles dans le libournais. Son père, Paul Princeteau exerçait le métier de courtier en vin et fut conseiller municipal à Libourne. Comme sa soeur aînée, Thérèse, René était sourd et muet.
A l'age de 14 ans, René Princeteau, fut inscrit en Gironde dans la pension de M. Boufartigue et Deloye. Il commença également à travailler dans l'atelier de sculpture de la ville de Bordeaux, sous la direction de Dominique Maggesi ( 1807-1892 ). En 1865, il entra à l'Ecole impériale des Beaux-Arts de Paris, section sculpture, dans l'atelier d'Augustin Dumont ( 1801 – 1884 ), prix de Rome et maître réputé. Dans le même temps, il fut admis élève de cette même école dans la section peinture. Il y reçoit une formation classique, basée sur le dessin d'après l'antique et le modèle vivant comme en témoignent ses premières oeuvres inspirées de la mythologie et de l'histoire romaine: Hercule enchaînant Cerbère et l' Enlèvement des Sabines ( peintures ) Bacchante à la tigresse ( sculpture ).
Mais l'élève ne se contente pas de l'enseignement académique de l'Ecole impériale et s'installe dans son propre atelier, 233, rue du Faubourg Saint-Honoré. A partir de 1868, René Princeteau expose ses premières oeuvres aux salons: un médaillon en plâtre et une cire intitulée Pilote, étalon monté par Monsieur Laage. Jusqu'en 1904, les envois, essentiellement des peintures, furent régulier. Il puisa dans un premier temps son inspiration dans ses activités mondaines et sportives. A Paris, René Princeteau fut en effet fréquemment invité aux courses, aux chasses et aux steeple-chase où il fréquentait l'aristocratie de l'époque. Ses scènes de courses hippiques, dans lesquelles il traduisait à merveille la fougue et la rapidité des chevaux firent rapidement sa renommée, il devint le peintre favori des propriétaires des grandes écuries de courses, obtenant de nombreuses commandes de portraits de chevaux vainqueurs. Lié avec le comte de Toulouse-Lautrec, il prendra sous sa protection le jeune Henri et sera son professeur. Dans son atelier, il reçut de nombreux artistes tels que le peintre et graveur bordelais John Lewis-Brown ( 1829 – 1890 ), avec qui il partagea le goût de la peinture de chevaux, Jean-Louis Forain, dont l'atelier était proche,mais aussi Petitjean, Butin, ou Lindon.
La guerre de 1870, à laquelle il participa, lui offrit ses premiers grands sujets historiques. En 1872, il présenta au Salon une peinture intitulée La patrouille des Uhlans surprise dans une embuscade, commande de l'Etat, témoignage de la violence de cette guerre qui a profondément marqué le peintre. Le Maréchal Mac Mahon, alors Président de la République, lui commanda son portrait équestre grandeur nature pour la salle des maréchaux du Château de Versailles. Cette oeuvre fut acquise par l'Etat et le peintre reçut l'autorisation de faire réaliser des gravures par Massard, éditées par son marchand Goupil. René Princeteau réalisa par la suite de nombreux portraits équestres dont ceux des ducs Decazes et Brissac, du marquis de Sauvagnac-Rabar et du comte de Chanflour. En 1876, il obtint une médaille à Philadelphie pour son portrait équestre de Washington.
Outre les hippodromes qu'il fréquentait assidûment, René Princeteau participa également aux chasses à courre, invité par l'aristocratie parisienne. Cette passion devint source d'inspiration pour de nombreuses compositions. En 1882, il envoie au Salon une oeuvre sur le thème de la chasse intitulée Hallali bien accueillie par la critique. Les croquis, aquarelles et huiles du peintre sur ce thème, saisissant sur le vif les différents acteurs de la chasse, valet de limier tenant au bat-l'eau d'un cerf, veneur sonnant la vue ou retraitant, témoignent d'une véracité qui est très étrangère à la peinture cynégétique de la fin du XIXe siècle.
A partir des années 1880, sans abandonner complètement sa vie et son atelier parisien, René Princeteau revint en Gironde, dans son domaine familial de Pontus, à Fronsac. Il fit installer un nouvel atelier dans la cour du château dans lequel il travaillera jusqu'à ses derniers jours. Princeteau continue à peindre des scènes de chasses, mais le monde rural va devenir un sujet privilégié.Il s'installe définitivement à Pontus en 1885 et la même année, obtient au Salon une médaille de deuxième classe pour Equipage de boeufs charriant des engrais. Seront également présentés au Salon Retour à la Ferme, temps d'inondation en 1886, l'arrivée au pressoir en 1889, exécuté à partir de photographies prises à Pontus, Déchargement du foin en 1893, Le Foin en 1897, puis Semailles et Labourage en 1898.
René Princeteau s'illustra en outre dans la peinture de paysage, Dans Etang de Barbizon et Coucher de Soleil, sa palette évolue et devient plus complexe. Les dernières oeuvres envoyées au Salon appartiennent à ce thème. Entre 1901 et 1904, il présente cinq oeuvres sur ce thème. Son ultime envoi, paysage en 1904 fut salué par la critique qui admira « les tons vigoureux et les lumières merveilleusement rendues ».
Après le décès de sa mère en 1903, René Princeteau continua à peindre malgré une santé affaiblie, Sa grande toile L'Hallali courant fut exécutée en 1911, trois années avant son décès en 1914 dans sa propriété de Pontus.
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