Exposition "Goya, témoin de son temps" au musée des Beaux-Arts

08 novembre 2021

Exposition "Goya, témoin de son temps" au musée des Beaux-Arts

L’exposition "Goya, témoin de son temps" est présentée au musée des Beaux-Arts de Pau du 23 octobre 2021 au 30 janvier 2022. Elle permet de découvrir une sélection de peintures et les grandes séries de l’œuvre gravée de l'artiste Espagnol qui révèlent sa vision très acérée de la société.

Nom
Exposition Goya, témoin de son temps au musée des beaux-arts

Adresse
Musée des Beaux-Arts de Pau, Rue Mathieu Lalanne, Pau, France

Téléphone
05 59 27 33 02

Tarifs
Entrée gratuite - port du masque obligatoire

Adresse email
musee.beauxarts@ville-pau.fr

Horaires
Du mardi au dimanche de 11h à 18h

"Une exposition, signe du niveau d'exigence de Pau"

Peintre et graveur au style incomparable, Goya est considéré comme l’un des artistes les plus avant-gardistes de son époque et initiateur de nombreux courants picturaux de la fin des XIXème et XXème siècles.

Témoin caustique d’un système injuste et cruel, sa peinture critique et interroge les travers d’une société espagnole soumise à la monarchie et l’Église.

L’exposition présentée au musée des beaux-arts de Pau permettra de découvrir les grandes séries de l’œuvre gravée qu’il réalise dans la deuxième partie de sa vie, Les Caprices, Les Désastres de la Guerre, La Tauromachie et Les Proverbes. L’exposition est enrichie par une sélection de peintures qui révèlent sa vision très acérée de la société.

Lors du vernissage, vendredi 22 octobre, le maire de Pau François Bayrou a mis en évidence "cette exposition majeure. Elle est le signe de ce niveau d'exigence que nous avons. Nous croyons que nous pouvons dépasser les plafonds de verre. L'ambition de cette exposition ressemble à la mission qui est celle de notre ville. C'est une volonté qui s'exprime à travers cette exposition."

Francisco de Goya y Lucientes, Capricho 43, El sueño de la razón produce monstruos, eau-forte, 1799, collection particulière

La série Les Caprices - 1797-1799

Fraîchement nommé premier peintre de la cour, Goya lance en 1799 la publication de la série Los Caprichos. C'est un recueil qui se compose de 80 estampes reliées, réalisées à l'eau-forte et à l’aquatinte, puis retouchées au burin et à la pointe-sèche.

Proche des idéaux des Lumières, l'artiste utilise ce support pour dénoncer les excès de la société de son temps. C'est un véritable réquisitoire contre les mœurs de l'époque, la superstition, la sorcellerie, la noblesse, le clergé, l'Inquisition, le fanatisme, la corruption, le mariage, l'amour, la prostitution... C'est également l'occasion pour Goya de dévoiler son monde intérieur peuplé de sorcières, d'êtres étranges et surnaturels. Son commentaire humoristique et lucide est alors intimement lié à la révélation des abîmes cachés au fond de chacun.

Los Caprichos sont une satire humaine et sociale qui oscille entre la raison et l'absurde, le réalisme et l'extravagance. Quand la raison se tait, des monstres jaillissent des hommes et raniment leurs plus obscures et ancestrales superstitions. On reconnaît là l’influence de la caricature italienne : Goya déforme exagérément les corps, animalise la figure humaine ou bien anthropomorphise de façon grotesque les animaux, pour accentuer les vices et le ridicule.

Sa remarquable maîtrise technique lui permet de décliner d'innombrables fantaisies visuelles d'une palette de noirs variée et subtile. Imprégné de l’art de Rembrandt, Goya sublime ici le drame, l’émotion et l’indignation humaine dans un ensemble d'une profonde richesse d'évocation et d'une grande portée philosophique. Le langage riche et énigmatique des Caprichos, empreint des aspirations des Lumières, s'abandonne peu à peu au scepticisme et à la prédominance de l'obscurantisme.

Au-delà de son incontestable valeur artistique, cette série conserve une dimension didactique et une portée universelle. Ses innovations et ruptures consacrent ainsi Goya comme l'un des précurseurs de l'art moderne.

La série Les Désastres de la Guerre - 1810-1820

La série Les Désastres de la Guerre - 1810-1820

1808, les troupes de Napoléon Ier, sous prétexte de conquérir le Portugal, envahissent l’Espagne. Le Roi Charles IV et son fils Ferdinand VII sont écartés du pouvoir et Joseph Bonaparte, frère de l’empereur, est installé sur le trône. Les rumeurs autour du sort réservé au roi et son fils enflent et poussent la population de Madrid à se révolter face à l’occupation française. Très rapidement, l’insurrection gagne tout le pays.

S’ensuivent six années atroces, véritables gouffres en vies humaines (+ ou - 650 000 morts), qui s'inscrivent dans la mémoire collective : la guerre d’indépendance. Une impitoyable guerre d’usure, caractérisée par une « cruelle guérilla », qui se transforme en guerre civile. En effet, si une large majorité de la population se soulève contre les Français, ces derniers bénéficient tout de même de soutien : les afrancesados. Cette élite espagnole, composée en majorité d’intellectuels, rêve d’une refondation politique afin d’engager l’Espagne dans la voie de la modernisation.

Dans ce pays déchiré, à feu et à sang, Goya, profondément marqué par la perte de son épouse Josépha, se nourrit des traumatismes du conflit et de l’ampleur du désastre humain.

Il commence à graver en 1810 des plaques de cuivre à partir de dessins préparatoires réalisés à la sanguine. Terminée en 1820, cette série s’intitule Los Desastres de la Guerra. Elle est composée de quatre-vingts gravures et s’articule autour de trois thèmes.

• gravures n° 1 à 47 : la terreur et la peur qu’inspirent la guerre et les actes de barbarie perpétrés par les deux camps.

• gravures n° 48 à 64 : les souffrances du peuple espagnol (famine, hausse des prix…) et les inégalités entre riches et pauvres.

• gravures n° 65 à 80 : souvent appelées les Caprichos Enfáticos. C’est une suite de scènes allégoriques très critiques où l’artiste passe en revue l’absurde et l’immobilisme du gouvernement d’après-guerre : le pouvoir absolu, une église rétrograde, un peuple inculte et superstitieux et des élites corrompues.

La série Los Desastres de la Guerra symbolise la quintessence du travail de création de Goya. À l’image d’un reporter de guerre, son compte-rendu acerbe des souffrances et des atrocités de la guerre est un vibrant plaidoyer pour la philosophie des Lumières, leurs aspirations humanistes et progressistes, si chères à l’artiste.

Francisco de Goya y Lucientes, Los Desastres de la Guerra 7, Qué valor !, eau-forte, 1810-1820, collection particulière

La série La Tauromachie - 1815-1816

La série La Tauromachie - 1815-1816

En 1816, Goya édite une série de planches exécutées à l'eau-forte : La Tauromaquia.

Pourquoi ce thème à soixante-dix ans ?

Cette production trouve ses origines dans la jeunesse de l'artiste, qui se passionne pour les courses de taureau. Il est également nourri par deux lectures fondatrices : la Charte sur l’origine et l’évolution des courses de taureaux en Espagne, de son ami Nicolas de Moratín, et le manuel de Pepe Hillo sur l’art de toréer en Espagne. Goya entrevoit également la possibilité de résoudre des problèmes financiers avec ce sujet cher aux Espagnols. Enfin, éreinté par l'Inquisition rétablie depuis 1814, ce thème plus consensuel doit lui garantir plus de tranquillité.

Composée de quarante eaux-fortes dont trente-trois numérotées de 1 à 33 et sept de A à G, la série se divise en trois parties.

• la première évoque l’histoire de la tauromachie et ses codes : de ses origines dans les jeux archaïques maures à la stylisation dans les arènes espagnoles.

• la deuxième rend hommage aux prestigieux toreros, ces célèbres épées qui comptent parmi les amis proches de l'artiste.

• la troisième et dernière partie montre des passes à l’issue tragique.

À première vue, Goya s'échine à graver magistralement toutes les étapes du déroulement d’une corrida, où les détails des postures, des attaques, des expressions du taureau sont sans équivalents. Pourtant cette série se distingue des autres représentations tauromachiques de son époque. En effet, ce n'est pas tant le caractère festif de la corrida qui est souligné, mais plutôt sa tension dramatique sourde, où force, violence et souffrance se combinent.

On peut également y voir une allégorie révolutionnaire : celle du peuple espagnol (le torero) contre l'oppresseur français et le régime monarchique espagnol (le taureau). Cette idée de la fragilité de l'homme face aux forces obscures trouvera sa pleine expression dans les séries de gravures Los Disparates et Los Desastres de la Guerra.

Francisco de Goya y Lucientes, La Tauromaquia 14, El diestrísimo estudiantes de Falces, embozado burla al toro con sus quiebros, eau-forte, 1815, collection particulière

La série Les Proverbes - 1815-1823

C'est à l'aube de ses soixante-dix ans et fortement diminué par la maladie que Goya exécute la série Los Disparates. Vraisemblablement réalisée entre 1815 et 1823, elle regroupe 22 estampes à l'eau-forte et à l'aquatinte parfois retouchées à la pointe sèche.

Dernière production gravée de l'artiste, jamais éditée de son vivant, il émane de cet ensemble une aura de mystère. Les thèmes abordés, l'étrangeté de la mise en scène, l'atmosphère sombre et le caractère grotesque des personnages se télescopent pour donner naissance à des visions hallucinées qui relèvent plus du cauchemar que du rêve. Mais ce voile de malaise et de confusion n'altère en rien la grande pureté d'expression.

Goya développe ici un langage hermétique sur des fonds obscurcis où l'interprétation se fait complexe et plurielle. Les modifications du nom de la série au fil du temps (Caprichos, Caprichos Fantásticos, Proverbios) illustrent d'ailleurs parfaitement toutes les interrogations qu'elle génère.

Si la série est aujourd'hui connue sous le titre Los Disparates (« Sottises » ou « Folies »), sa signification n'en demeure pas moins énigmatique. Elle constitue un mélange hétérogène où la satire, l'horreur, l'indicible... et la beauté s'entremêlent sans discernement. La puissance de cette suite réside également dans le magistral travail à l’aquatinte qui enveloppe les figures d’une nuit sans fin. Ce choix de motifs préfigure le Goya Sublime Terrible et ses dernières œuvres les Peintures noires.

Alors que de récentes analyses font de cette série une critique subtile et cryptique de son temps, André Malraux soulignait que « Goya n'est pas celui qui répond, mais celui qui interroge ».

Francisco de Goya y Lucientes, Disparates 2, Disparate de medio, eau-forte, 1815, collection particulière

Programmation culturelle autour de l'exposition

Visites commentées de l'exposition

Réservation obligatoire (dans la limite des places disponibles) - Présentation du pass sanitaire obligatoire

quand : tous les dimanches à 15h / durée : 1h / tarif : 5€ (gratuit pour les - de 26 ans)

Concert

Un concert 100% ibérique avec des œuvres originales et des transcriptions des principaux grands compositeurs espagnols. Les musiciennes Aurélie Samani (piano) et Juliane Trémoulet (violoncelle) joueront l'Intermezzo des incontournables Goyescas de E. Granados, les célèbres Canciones Populares Españolas de M. De Falla ainsi que des pièces de G. Cassado, F. Mompou et P. Casals entre autres.

Deux instruments mis à l'honneur dans ce beau répertoire lyrique qui puise profondément son inspiration dans les musiques traditionnelles et les racines populaires.

Réservation obligatoire (dans la limite des places disponibles) - Présentation du pass sanitaire obligatoire

quand : vendredi 17 décembre - 20h30 / durée : 1h30 / tarif : 5€ (gratuit pour les - de 26 ans)

Ateliers de gravure - Les ateliers du musée : initiation à la gravure

L’association les GraveuZes, composée de cinq artistes-graveuses, propose aux participants de s’initier à la gravure et de réaliser une matrice en pointe sèche ou une matrice en linoleum ainsi que deux tirages d’une estampe.

Réservation obligatoire (dans la limite des places disponibles) - Présentation du pass sanitaire obligatoire

durée : 2h30 / tarif : 5€

Adulte

> sam 13 nov - 14h30

> sam 20 nov - 14h30

Jeune public (à patir de 8 ans)

> mer 03 nov - 14h30

> jeu 04 nov - 14h30

> jeu 30 dec - 14h30

Téléchargements

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