25 mai 2020
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Franchir les murs : zoom sur les cultures urbaines

Le festival Franchir les murs vous propose un voyage dans les cultures urbaines. On vous explique d'où vient ce mouvement, qui a gagné ses lettres de noblesse dans les Arts.

Première partie ! Le Festival "Franchir les Murs" débute et sera mis en ligne dans son intégralité d'ici la fin du mois de mai. Nous vous proposons malgré tout d'en profiter d'ores et déjà. Les nouvelles publications sont à découvrir en cliquant sur le tag bleu "Festival Franchir les Murs", situé sous le moteur de recherche en Home du site.

1973 : rejetés des clubs, les habitants du Bronx fêtent la rue

Apparu au cours des années 1970 dans le West-Bronx new-yorkais, précisément le 12 août 1973, avec les premières block parties « Back To School Jam » organisées par DJ Kool Herc (Clive Campbell de son vrai nom) sur une idée simple qui a tout changé : deux platines vinyle qui tournent en parallèle, de la musique qui ne s’arrête jamais et des breaks qui se prolongent à l’infini.

On n’avait jamais connu pareil espace d’expression. « On se retrouvait dans la rue pour vibrer ensemble sur le beat, tout simplement parce qu’on n’avait pas les moyens de se payer l’entrée dans un club»

La naissance de la Zulu Nation puis du hip-hop

La rue, au moins, n’exclut personne. Le mouvement Zulu Nation a émergé en réaction aux violences ethniques qui touchaient alors les quartiers (blocks) de New-York. Ce qu’on va bientôt appeler "hip-hop" esquisse de nouvelles manières de vivre ensemble.  

Très vite, d’autres quartiers entrent dans la danse : Harlem, Brooklyn, le Queens. On se jauge par le biais de mouvements spectaculaires. On s’affronte à coups de rimes improvisées. Sur les murs, les rames de métro, les graffitis se multiplient, comme autant de signatures et de façons de dire :  

« La ville est à nous ». La structure qui maintient la culture hip-hop en vie, c’est le cypher : un cercle qui ne doit jamais être rompu, au sein duquel chacun peut à tour de rôle s’exprimer librement par le rap, la danse ou le graff. 

 Après quelques années, cette véritable contre-culture des ghettos s’est structurée autour de la proposition d’Afrika Bambaataa et de sa Zulu Nation qui prône pour mots d’ordre « peace, love, unity, and having fun » (paix, amour, unité et s'amuser). Elle accompagne son message de règles de vie où l'exclusion est totalement bannie.  

En matière artistique, elle couvre quatre disciplines dépendantes les unes des autres: le rap, le djing, le breakdance et le graffiti. Sans oublier Grandmaster Flash, considéré comme l'un des pionniers du hip-hop, inventeur de certaines techniques de djing comme le cutting. 

Un culture globale qui couvre tous les champs artistiques

Bien qu’apparues sur ce terreau fertile, les cultures urbaines ne peuvent cependant pas se réduire à la simple expression du mouvement et de la culture hip-hop. La danse, la musique, le street art et le graffiti, le skate, le street basket, la photographie, le cinéma... autant d'expression culturelles et artistiques qui envahissent aujourd'hui le paysage urbain. 

La rue, espace public, devient une scène. La question de la place de l’art dans l’espace public est devenu un véritable enjeu culturel.?

Une culture vivante et inclusive

En résumé, les cultures urbaines sont des cultures vivantes qui se nourrissent en permanence de l’autre, des systèmes établis, des pratiques artistiques et culturelles, et invitent à repenser les modalités de leur exploitation. En perpétuelle évolution, elles intègrent de nouvelles formes d’expression artistique dès lors qu’elles sont issues de territoires urbains. 

La culture "populaire et urbaine", est donc devenue un élément essentiel de cohésion sociale et d'émancipation citoyenne, un art du quotidien ! Car la rue est peut-être l’un des derniers espaces communs qu’il nous reste, un lieu de partage au sein duquel chacun peut trouver sa place, quelles que soient ses origines. 

Aujourd’hui, notre modèle de société est à réinventer, et le hip-hop et les cultures urbaines ont leur rôle à jouer.   Parce que leurs valeurs cardinales sont l’écoute, la liberté, la mixité et le brassage des influences.