21 octobre 2019
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Le Musée à l'heure du Tour de France présente : Échappées Pyrénéennes, des vélos et des hommes

Le musée des Beaux-Arts de Pau présente l'exposition Échappées Pyrénéennes, jusqu'au 8 septembre 2019. Intimement liée au Tour de France, Pau est la troisième ville la plus visitée par la Grande Boucle. Devenue stratégique par sa situation géographique, la cité royale accueille le Tour depuis 1930. Toujours associée aux étapes pyrénéennes, Pau a souvent été le théâtre de nombreux faits de courses.

Nom
Musée des Beaux-arts de pau

Adresse
Rue Mathieu Lalanne, 64000 Pau

Téléphone
05 59 27 33 02

Tarifs
Plein tarif événementiel : 5 €. Tarif réduit événementiel : 3 €. Plein tarif hors exposition temporaire : 4 €. Tarif réduit hors exposition temporaire : 2 €. Gratuit le 1er dimanche du mois, gratuit pour les moins de 26 ans

Horaires
Du mardi au dimanche : 11h à 18h // Fermé le lundi

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Si la légende du Tour de France est ici présentée à travers un ensemble de témoignages, peintures, photos, affiches, vidéos et équipements, l'exposition évoque également à travers la collection de Marc Lebreton l'histoire du vélo, depuis l'invention de la draisienne en 1817 jusqu'aux technologies les plus innovantes du XXe siècle.

Après un hommage aux quintuples vainqueurs de l'épreuve et à l'histoire du Maillot Jaune, la présentation se poursuit par une série de portraits du peintre espagnol Miguel Soro. Les arrivées à Pau et la collection de vélos et maillots d'Emile Arbes prolongent l'exposition. La caravane, véritable donnée du succès populaire du Tour, est également présentée dans le parcours.

Au départ ou à l'arrivée d'une étape, Pau se conjugue avec les Pyrénées. Cols d'Aubisque, du Soulor ou encore du Tourmalet, sont largement évoqués au cours de cette exposition.

Les Pyrénées marquent cette frontière physique qui se dresse comme un mur devant nous lorsqu'on regarde vers le sud : l'Espagne est là, à portée de main. Ainsi, l'exposition se conclut par un hommage aux grands d'Espagne et à la Vuelta qui fera exceptionnellement étape à Pau les 2 et 3 septembre 2019.

La première arrivée à Pau date de 1930. C'est l'italien Alfredo Binda qui remporte cette huitième étape entre Hendaye et Pau. Avec des victoires de Robic, de Coppi, de Bahamontes, de Gimondi ou encore Bernard Hinault, Pau a écrit de très belles pages du Tour. Mais au-delà de ses succès d'hier et d'aujourd'hui, elle est la troisième ville à avoir le plus accueilli les coureurs du Tour de France.

Les premières courses cyclistes datent de la fin du XIXe siècle. Elles reliaient généralement deux villes. Ainsi, des courses d'un jour comme Paris-Rouen, créée en 1869 et Bordeaux-Paris en 1891 connaissent un fort succès. La presse de masse alors en plein essor, relate ces évènements sportifs et organise de nombreuses épreuves sur route. Parallèlement, le cyclisme sur piste, sous la forme de "course de six jours" connaît un succès retentissant dans les pays anglo-saxons. La première épreuve se déroule à Birmingham en 1875. L'année 1881 voit la naissance de l'Union vélocipédique de France. Cette fédération, qui développe de nombreux clubs partout en France, amorce la popularité du vélo et augmente considérablement le nombre de pratiquants.

Le Tour de France naît de l'enthousiasme que suscite le vélo mais aussi d'une guerre fratricide que se livrent les journaux de l'époque. Sous la direction d'Henri Desgrange, le journal l'Auto crée le Tour, la plus grande épreuve cycliste jamais organisée.

Le 1er juillet 1903 60 partants sur 78 engagés s'élancent depuis l'auberge "Le Réveil-Matin" à Montgeron pour une course de six étapes à travers toute la France. Au terme de cette course infernale comprenant des étapes de plus de 400 km, l'histoire retient que le premier vainqueur est Maurice Garin.

En 1910, alors que l'épreuve connaît déjà un fort engouement, les coureurs franchissent les Pyrénées pour la première fois : Tourmalet, Aubisque, Aspin, autant de noms, autant de lieux traversés qui désormais sont associés à la légende du Tour.

Au-delà du cyclisme, au-delà même du Tour de France, le Maillot Jaune est l'un des symboles les plus distinctifs de l'histoire du sport. Il a été créé pour identifier au sein du peloton, le premier au classement général.

Apparu le 19 juillet 1919 sur les épaules d'Eugène Christophe, coureur rendu également célèbre pour une réparation de fourche en 1913 à Sainte-Marie-de-Campan, c'est à Pau que la célèbre tunique fête son centenaire.

Évoquer le Maillot Jaune, c'est évoquer les grandes légendes du Tour. Eddy Merckx est le détenteur du plus grand nombre de jours passés en jaune : 96. Il devance Bernard Hinault, qui a passé 78 jours en jaune sur la Grande boucle.

Miguel Soro est un artiste autodidacte, discret mais décidé à tracer sa voie dans la peinture. Ancien coureur professionnel, le cyclisme a façonné son tempérament. Constance, travail et effort sont les maîtres mots de son expérience passée : autant de valeurs qu'il a réussi à transposer dans son travail plastique pour mener une carrière artistique. La peinture est désormais son langage. Issues d'une réalité qu'il connaît bien, ses œuvres ne laissent pas indifférent. Miguel Soro a en effet rapidement abandonné l’exécution de paysages classiques pour élaborer son propre vocabulaire plastique.

Ses portraits et ses scènes issues du monde cycliste mêlent peinture et collage. La touche est vigoureuse, épaisse, précise. Miguel Soro est désormais reconnu internationalement dans le monde du vélo et de l'art. Il expose dans les plus grands rendez-vous cyclistes en Europe et Outre-Atlantique.

Découvrez les oeuvres de Miguel Soro.

Après Paris et Bordeaux, Pau est la troisième ville la plus visitée par le Tour de France. Elle le doit avant tout à sa situation géographique unique et la proximité des Pyrénées. En effet, quelques-uns de ses grands cols emblématiques désormais ancrés dans la mémoire collective, parmi lesquels l'Aubisque, le Soulor et le Tourmalet, ont largement contribué à la légende de la course. Ainsi, de nombreuses étapes, qui ont donné lieu à de formidables bagarres sur les pentes de ces cols, arrivaient ou partaient de Pau.

Si l'histoire retient que le premier vainqueur fut Alfredo Binda lors de la huitième étape du Tour de France 1930, Hendaye – Pau, la légende des arrivées à Pau s'est écrite avec les succès de Robic, Bahamontes, Coppi et bien sûr de Bernard Hinault, qui connut ici le meilleur avec deux victoires d'étapes et le pire avec un abandon sur blessure en 1980.

Ancien coureur amateur, passionné de vélo, Émile Arbes a constitué depuis 2007 une importante collection relatant l'histoire du Tour de France. Cet ensemble débute par des vélos du début du XXe siècle, de l'époque de Maurice Garin et s'étend jusqu'aux années 1990. Elle comprend également des équipements complets des plus grands champions, acquis patiemment au fil du temps : bidons, casques, maillots et accessoires mécaniques d'époque...

Parmi sa collection qui comporte des pièces exceptionnelles, citons notamment deux vélos de Bernard Hinault utilisés par le quintuple vainqueur du Tour en 1980 et 1982, un vélo de Laurent Fignon, les répliques des bicyclettes des plus grands champions, tels Fausto Coppi ou encore les vélos de glorieux coureurs régionaux, tels Robert Cazala.

La collection  d’Émile Arbes témoigne plus largement d'une passion familiale pour le cyclisme. Son frère, Hubert, a été équipier de Bernard Hinault sur les routes du Tour.

En 1930, un changement de règlement voulu par Henri Desgrange, qui souhaite regrouper les coureurs par pays, contraint l'organisation à chercher de nouveaux financements. Les grandes marques, aux aguets, bien conscientes de la ferveur populaire de l'épreuve affluent pour se faire une place dans le cortège. Le succès est fracassant.

Avec la participation de vedettes comme Joséphine Baker, Yvette Horner ou Annie Cordy, la caravane devient un véritable spectacle. La Vache qui rit, Bic ou Ricard entre autres ont, au fil des ans, rivalisé d'ingéniosité pour concevoir des véhicules invraisemblables, afin d'attirer l'œil des centaines de milliers de spectateurs massés au bord des routes.

En 1910, sept ans après sa première édition, le Tour de France prend une nouvelle dimension en franchissant quelques uns des grands cols pyrénéens.

A l'initiative du journaliste Alphonse Steinès, adjoint d'Henri Desgrange dans l'organisation du Tour, l'épreuve se dote d'une terrible étape entre Luchon et Bayonne. Cette 10e étape de 326 km propose l'ascension de sept cols dont le Tourmalet, l'Aubisque ou encore le col de Peyresourde.

Déjà vainqueur la veille de l'étape Perpignan – Luchon, Octave Lapize, vainqueur du Tour cette année là, gagne aussi à Bayonne. Sa domination est totale car il est également le premier coureur de l'histoire à passer en tête au sommet du Tourmalet.

La haute montagne s'installe définitivement au programme du Tour l'année suivante avec l'ascension du Galibier dans les Alpes. Les défaillances marquantes et les combats titanesques que la montagne nous a toujours offert donnent aujourd'hui encore toute sa dramaturgie à la course. Adorés du grand public, ils se nomment Bartali, Bahamontes, Charly Gaul, Luis Ocaña, Van Impe, Pantani ou Virenque. Ils sont les spécialistes de la montagne.Tous ont marqué de leur empreinte, par une échappée ou une lutte épique sur les pentes pyrénéennes, l'histoire du Tour.

Depuis l'exploit d'Octave Lapize et la réparation de la fourche d'Eugène Christophe, quelques-une des grandes pages du Tour se sont écrites sur les pentes des Pyrénées : la chute et l'abandon d'Ocaña, prétendant à la victoire finale en 1971, dans la descente du col de Mente ; la fantastique démonstration de force d'Eddy Merckx en 1969 et sa victoire dans l'étape Luchon - Mourenx ou encore la dramatique chute entraînant le décès de Fabio Casartelli dans la descente du Portet d'Aspet.

Créée en 1935, la Vuelta s'interrompt dès 1936 en raison de la terrible guerre civile qui ravage l'Espagne jusqu'en 1939. Le vainqueur des deux premières éditions est le Belge Gustaaf Deloor.

La course s'élance de nouveau en 1941 et voit l'Espagnol Juan Berrendero Martín, vainqueur d'étape à Pau dans le Tour de France 1937, triompher.

À l'exception de Miguel Indurain, dont l'objectif principal était de remporter le Tour de France, tous les plus grands coureurs cyclistes ont gagné La Vuelta : Merckx, Anquetil, Poulidor, Hinault. Tony Rominger est le recordman des victoires avec un triplé en 1992, 1993 et 1994.

Disputée au printemps jusqu'en 1995, la course se déroule désormais à la fin de l'été. Le leader est reconnaissable à son maillot rouge. Comme pour le Tour de France, des classements par points sont attribués au meilleur sprinteur et au meilleur grimpeur.