22 mai 2020
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Mémoire(s) de confinement, premier retour sur la collecte de témoignages

Lancé fin avril 2020 par le service communautaire des archives, "Mémoire(s) de confinement" collecte vos témoignages sur ce quotidien exceptionnel qu’a été le confinement.

Nom
Mémoire(s) de confinement, premier retour sur la collecte de témoignages

Adresse
Direction Culture et Patrimoine, Usine des Tramways, Pont Lalanne, Pau, France

Téléphone
05 59 98 78 23

Tarifs
gratuit

Adresse email
patrimoines@agglo-pau.fr

Les Archives ouvrent leurs portes et font entrer vos témoignages du quotidien

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Première découverte ci-dessous d'un des témoignages confiés aux archives communautaires : une habitante de Lescar, de 44 ans partage son expérience de cette période si particulière.

Autre document, une photographie anonyme déposée dans le cadre de la collecte.

"On apprend à mieux consommer, mieux manger quand on est enfermé."

" Début janvier j'ai rencontré quelqu'un, Fabien. Lui a sa maison à Nay et moi à Lescar. Il travaille sur denguin. Au début de notre rencontre parfois il restait chez lui et d'autres fois il venait à la maison.Quelques semaines après, le virus, le confinement nous tombent dessus.Le choix est vite fait pour lui et moi, il reste à la maison à Lescar. Lui continue d'aller au travail tous les jours, moi je passe en télétravail."

"J'ai la chance d'être dans un groupe qui a su déployer des moyens colossaux pour prendre soin de ses salariés. J'ai de la chance aussi que mon second fils soit rentré de l'est avant tout ce bazard. Le premier week-end de confinement est la et quand on ne se connaît pas vraiment que fait on ? Nous on a réussi à s'occuper, ménage, cuisine, jogging, tour en vélo. Il est sportif, je le suis aussi, j'aime bien. Puis les semaines passent et ne se ressemblent pas. Moins de voiture sur la route, de gens dans les rues mais la ruée dans les supermarchés... Le monde est devenu fou. Des gens avec des caddies remplis comme si on était en guerre."

"C'est effrayant. Les attestations de sorties à remplir à chaque fois donne une sensation d'étouffement. Les restrictions aussi donnent ce sentiment que sortir chercher une baguette est devenu oppressant. On se d'amande si c'est indispensable, si on peut sortir juste pour ça, si on va se faire contrôler et verbaliser. Le télétravail plus le confinement me font étouffer."

Heureusement Fabien est avec moi, le matin, le soir, ça fait du bien. Les journées sont longues mais je me dis que j'ai de la chance de ne pas être au chômage ni même au chômage partiel. Les semaines passent et nous les week-ends on s'occupe. Jardinage, bricolage, ménage, rangement et mises au point. C'est pas facile d'être confinée avec quelqu'un que l'on connaît à peine mais les réglages se font au fur et à mesure des jours qui passent et on est bien. Je suis contente de l'avoir rencontré et ce confinement malgré tout, pour nous est un mal pour un bien."

"Dernier week-end avant la fin du confinement. Je n'ai pas vu mon plus jeune fils depuis 2 mois, il me manque terriblement. Jeudi 8 mai, réunion téléphonique au boulot lors de laquelle nous apprenons que ça y est mercredi 13,retour au bureau. Les conditions sanitaires à priori le permettent. Mais quand même beaucoup de questions se posent. Nous sommes en contact avec du public. Tout ne sera pas complètement mis en place dès mercredi, finalement le groupe prend il vraiment soin de nous et de nos inquiétudes face à ce virus. On pouvait nous laisser en télétravail mais on nous fait reprendre."

"Dernier week-end de confinement et toujours de quoi s'occuper à la maison. Moi je n'ai jamais autant pâtisser que durant ces 2 derniers mois. Mais de manière saine malgré tout. On apprend à mieux consommer, mieux manger quand on est enfermé pour éviter de gonfler."

"Aujourd'hui c'est le 11 mai. La fin du confinement. 4 jours que je dors très mal. À cause de la reprise, du retour à la vie presque comme avant ? Je ne sais pas."

"Aujourd'hui pas de télétravail. Aujourd'hui je vais déjeuner avec ma mère chez ma sœur qui elle aussi s'est mise à cuisiner et pâtisser beaucoup plus qu'avant. Ce qui va changer pour moi grâce à tout ça, mon mode de consommation. Durant 2 mois on a réussi à se passer de magasins, de superflus, par la force des choses certes mais ce n'est pas plus mal."

"Je suis ravie d'avoir passé ces 2 mois enfermée à la maison avec Fabien.Hier soir il m'a dit, tout ça est terminé peut être que tu vas vouloir que je retourne à Nay. Non la vie continue et nous deux avec sous le même toit. Merci à toi d'avoir été à mes côtés et de vouloir y rester."