28 mars 2019
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Nouvelle exposition d'art contemporain au Bel Ordinaire : Sans foi ni foie

Jusqu'au 25 mai la petite galerie du Bel Ordinaire, accueille Sylvie Réno

Nom
Le Bel Ordinaire

Adresse
Allée Montesquieu, Billère, France

Téléphone
05 59 72 25 85

Tarifs
Entrée libre

Horaires
Du mercredi au samedi de 15 à 19h

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Rencontrée en 2009 lors de son exposition "Nighthawks" au centre d’art image/imatge à Orthez, Sylvie Réno intervient une première fois au BO en 2016, dans l’exposition No Shooting in this Area, pour laquelle elle produit une "Kalachnikov" en carton à la précision étonnante. Habituée à préparer ses expositions lors de résidences, cette troisième rencontre est l’occasion de l’inviter à utiliser les ateliers de création du BO pour créer de nouvelles pièces et s’emparer ensuite de la petite galerie.

Dans la première partie de l’exposition, Sylvie Réno développe une nouvelle tentative de revalorisation du Monde. Après avoir invité les visiteurs du BO à déposer à son attention des objets trouvés, glanés ici ou là, elle a agencé et installé ces objets et ceux de ses collections personnelles dans l’espace d’exposition, créant un dialogue entre eux et par là même occasion des images aux multiples niveaux de lecture. « Les objets seront exposés sur les carrelages bleus au BO. J’ai aussi une très belle collection de cartons d’invitation et de flyers. Je suis une collectionneuse compulsive, je collectionne à peu près tout et n’importe quoi : les faux billets de banque, les robinets de cubi de vin, les briquets et molettes de briquets, des boites de médicaments. Dès qu’il y a trois objets ensembles qui se ressemblent, c’est le début d’une collection ! »

Pour la seconde partie de l’exposition, Sylvie Réno produit, un travail de sculpture, avec son matériau de prédilection : le carton. En s’imprégnant du lieu et de son histoire, elle a décidé de répliquer pour commencer une des anciennes machines à froid qui occupaient chacune des salles de l’ancien abattoir. Elle cherche des idées de machines industrielles, des machines à fabriquer des saucisses... Une nouvelle occasion pour elle de vider les objets de leur fonction, de les magnifier et de révéler leur côté dérisoire grâce au filtre qu’elle leur applique en les reproduisant avec une grande précision à l’échelle 1. Comme les idées lui viennent en travaillant, elle prévoit de commencer par une de ces machines et voir où cela la mènera.

Qui est Sylvie Réno ?

« Je suis née en 1959, j'ai raté mon bac en 1978 et je rentre au Beaux-arts de Mulhouse parce que c'était le seul lieux qui pouvait me permettre de faire des études sans bac et sans école préparatoire. J'ai passé un an à Mulhouse à m'amuser, ce qui me vaut d'être renvoyée de l'école mais je ne veux alors surtout pas rentrer dans la vie active. Je réussis à entrer à l'école des Beaux-Arts de Marseille et et j'y effectue mes cinq années d'études. J'obtiens mon diplôme en 1984 et je trouve un atelier à Marseille ».

Dès sa sortie des Beaux-Arts, elle n'a jamais arrêté d'exposer. Dès 1986, elle commence ses voyages avec une exposition collective à Hambourg où elle défraie la chronique en construisant un tractopelle en carton et en grandeur nature. Cette pièce annonce, à son image, une carrière monumentale de 120 expositions collectives auxquelles Sylvie Réno a participé. Mais parmi cette multitude, trois de ces expositions seront essentielles et fondatrices: Hambourg, Marseille en 1985 où elle construit un patio arabo-andalou des Mille et une nuits et Windfall 91 à Glasgow où elle créée des bateaux. Ces trois expositions fondamentales dans l’œuvre de l'artiste, et à ses débuts, rassemblent le volume, le carton et le grandiose, et lui ouvriront les portes de bien d'autres installations dans de nombreux pays du monde.

De ses quarante expositions personnelles, on en retiendra 16 majeures citées ci-dessous.

Expositions personnelles :

  • 2018 : Bourreaux des cœurs, avec Frédéric Clavère, Le Dernier Cri, Marseille. // Polar/Solar, avec Blandine Herrmann, Künstlerhaus e.V., Frise Gallery, Hambourg.
  • 2017 : Revalorisation, Théâtre Le Scarabée, commissariat Espace Martiningo, Chambéry.
  • 2016 : Meublez vos rêves, Espace Vallès, St Martin d’Hères.
  • 2014 : Arsenal / Réno, commissariat Le 19 et Nicolas Surlapierre, Musée d'Histoire de La Citadelle, Belfort.
  • 2011 : Le quotidien autrement, Espace Martiningo, Chambéry. // Tirez pas sur le pianiste / Nestriel'ajte na pianistu, Vychodoslovenska Galéria, Kosice, Slovaquie.
  • 2009 : Nighthawks, Commissariat Emilie Flory, Image/Imatge, Orthez.
  • 2007 : Stock Exchange, commissariat Jean-Paul Fitelli, Centre d’Art de Morsang-sur-Orge. // Chantier Public, 40mCube Le Château, Rennes. // Fines lames, Galerie Athanor, Marseille.
  • 2005 : Le tribunal, commissariat Doria Ardiet, Espace d’Art Contemporain de La Rochelle.
  • 2002 : L’indispensable, Serial Objects, Bureau des Compétences et Désirs, Marseille. // Dungeon, Galerie 3015, Paris.
  • 2000 : NYPD-CPR, Art in General, New York.
  • 1995 : La vie est belle, production Bernard Plasse et Sylvie Réno, Tour du Roy René, Marseille.

Accédez au site de Sylvie Réno

Zoom sur l'installation des créations en carton au Bel Ordinaire

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Dans les deux salles « blanches », elle va développer un travail de sculpture, à partir de son matériau de prédilection : le carton ondulé. Les idées lui viennent en travaillant, une idée en amenant une autre, les projets fluctuent en fonction de ses humeurs vagabondes et du temps, incompressible, qu’elle a pour produire ses œuvres.

À l’heure où ces textes sont rédigés, Sylvie Réno prévient que ses meilleures intentions annoncées ne seront peut-être pas toutes réalisées. Parmi ses envies concrétisées : trois scies à os et une trancheuse à jambon. Elle prévoit de les installer sur des présentoirs, au milieu de la première salle. Elle vient de découvrir la pertinence de ses créations après les avoir construites, en apprenant qu’elles seront installées dans le lieu des abattoirs qui était un atelier dédié à la découpe des porcs (les autres bêtes étaient conservées dans les frigos - aujourd’hui la grande galerie - en pièces entières sans découpe). Sylvie vient également de faire une découverte stupéfiante : les rails installés au plafond sur lesquels on faisait circuler les carcasses d’animaux, vestige architectural et patrimonial de l’activité ancienne du lieu. « J’ai bien envie de réaliser un circuit de rails inspiré de l’histoire du bâtiment, des rails avec des courbes, installés sur le mur derrière les scies à os, ils traverseront le mur pour ressortir dans la deuxième salle, une proposition plus abstraite qui est un partis pris pour la pureté de la ligne et son esthétique ». Son intention de produire des couteaux et des hachoirs est toujours d’actualité. Ils seront installés dans la salle où arrivent les rails si le temps lui en permet la fabrication.

Photos de droite : ©Bel Ordinaire

Infos pratiques et rendez-vous

  • Exposition dans la petite galerie jusqu'au 25/05/19
  • Visites guidées : samedi 6 avril et 25 mai à 16h
  • Atelier créatif : samedi 6 avril à 17h