02 février 2021

Prix littéraire du premier roman : faites partie du jury

Le réseau des médiathèques lance son Prix littéraire du premier roman. Inscrivez-vous, lisez les 6 titres en lice, votez pour votre préféré et rencontrez l'auteur lauréat pour la soirée de remise du Prix en novembre 2021.

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Prix littéraire du premier roman : faites partie du jury !

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Gratuit

Le réseau des médiathèques organise le Prix du premier roman.

Le principe est simple : les bibliothécaires ont sélectionné 6 premiers romans parus dans les douze derniers mois. Les lecteurs intéressés s'inscrivent dès à présent dans la bibliothèque de leur choix pour y participer, s'engagent à lire les 6 titres entre le mois de mars et le mois d'août. En septembre, chaque participant vote pour son titre préféré ; le lauréat du Prix sera invité à rencontrer le public palois lors d'une soirée organisée en novembre prochain.

Renseignements et inscriptions auprès de :

Laurence Hounieu : l.hounieu@agglo-pau.fr

Stéphane Barthe : s.barthe@agglo-pau.fr

Ou dans les médiathèques du réseau

Découvrez les 6 premiers romans en lice pour cette première édition

Sixtine, jeune femme très pieuse, rencontre Pierre- Louis, en qui elle voit un époux idéal, partageant les mêmes valeurs qu'elle. Très vite, ils se marient dans le rite catholique traditionnel et emménagent à Nantes. Mais leur nuit de noces s'est révélée un calvaire, et l'arrivée prochaine d'un héritier, qui devrait être une bénédiction, s'annonce pour elle comme un chemin de croix. Jusqu'à ce qu'un événement tragique la pousse à ouvrir les yeux et à entrevoir une autre vérité.

Bénie soit Sixtine est avant tout l'histoire d'un éveil et d'une émancipation. Entre thriller psychologique et récit d'initiation, ce premier roman décrit l'emprise exercée par une famille d'extrémistes sur une jeune femme vulnérable et la toxicité d'un milieu pétri de convictions rétrogrades. Un magnifique plaidoyer pour la tolérance et la liberté, qui dénonce avec force le dévoiement de la religion par les fondamentalistes.

>> Notre avis : Sixtine est élevée par une mère catholique, rigoriste, traditionaliste, sans aucun espace de liberté. Et elle va trouver pire en la personne de son mari, Pierre Louis Sue de La Garde, membre actif des Frères de la Croix, mouvement fondamentaliste qui voit dans le Pape, beaucoup trop laxiste, un suppôt de Satan. Très pieuse mais aussi vivante, Sixtine étouffe dans cet environnement on ne peut plus toxique. Il lui faudra un déclic pour parvenir à rompre avec sa belle-famille et commencer à s'émanciper, offrant à son bébé une éducation plus libre et en accord avec sa nature profonde. Bénie soit Sixtine est à la fois un très beau portrait de femme, mais aussi une plongée comme si on y était dans le milieu fondamentaliste catholique. Une belle réussite !

« Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. »

>> Notre avis : On parle rarement du vieillissement du corps, du rôle de l'enfant ramené à la simple fonction d'aidant d'un parent vieillissant. Les mots de Rachid Benzine pour l'exprimer sont ici choisis avec pudeur et justesse : "En quelques lignes, il distille ce troublant enchevêtrement de gêne, de tristesse, d'amour et de bonheur que l'on peut ressentir en accompagnant un parent dans ses vieux jours." (Gladys Marivat, Le Monde des Livres)

Mais ce récit est bien plus que cela : d'abord un puissant témoignage d'amour à sa maman, cette femme modeste à la fois si commune et exceptionnelle, moralement exemplaire, qui ne maîtrise que vaguement le français et ne sait pas lire, mais n'a eu aucun souci à communiquer son immense amour et ses valeurs à ses enfants. Un court roman qui a tout d'un grand.

Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d'une fillette noire est retrouvé. La police s'en préoccupe de loin. Mais voilà que d'autres petites filles noires disparaissent... 

Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d'enquêter pour le père de la première victime. Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s'interroge : « Les petites filles, ça disparaît pas comme ça... »

Deux êtres que tout oppose. A priori. Sous des airs de polar américain, Alabama 1963 est avant tout une plongée captivante dans les États-Unis des années I960, sur fond de ségrégation, de Ku Klux Klan et d'assassinat de Kennedy.

>> Notre avis : "-Vous préférez qu'on dise de vous que vous êtes une femme noire ou que vous êtes une femme de couleur ? 

-Je préfère qu'on dise que je suis une femme bien." 

Adèle est un petit bout de femme discrète mais solide, qui petit à petit va oser s'affirmer et s'imposer, tranquillement, obstinément. Elle forme avec Bud un binôme d'enquête boiteux mais très réjouissant, car les auteurs ont réussi avec brio à insuffler rythme et humour aux dialogues entre Adela, Bud, et les autres. On partage avec plaisir les tranches de vie qui nous sont offertes à lire, malgré le terrible contexte ségrégationniste. Un vrai bonheur de lecture !

Lorsque Sarah rencontre Théo, c'est un choc amoureux. Elle, l'écorchée vive, la punkette qui ne s'autorisait ni le romantisme ni la légèr+eté, se plaisant à prédire que la Faucheuse la rappellerait avant ses 40 ans, va se laisser convaincre de son droit au bonheur par ce fou de Capra et de Fellini.

Dans le tintamarre joyeux de leur jeunesse, de leurs amis et de leurs passions naît Simon. Puis, Sarah tombe enceinte d'une petite fille. Mais très vite, comme si leur bonheur avait provoqué la colère de l'univers, à l'euphorie de cette grossesse se substituent la peur et l'incertitude tandis que les médecins détectent à Sarah un cancer qui progresse à une vitesse alarmante. Chaque minute compte pour la sauver.

Le couple se lance alors à corps perdu dans un long combat, refusant de sombrer dans le désespoir.

Un récit d'une légèreté et d'une grâce bouleversantes, entre rire et larmes, dont on ressort empreint de gratitude devant la puissance redoutable du bonheur.

>> Notre avis : "Ce n'est pas parce qu'elle est vraie et dure par moments, ni même parce qu'elle finirait mal, que ce n'en est pas une ; toutes les vies sont des aventures extraordinaires, pour qui peut les voire dépliées devant soi."

Sarah, mère de deux enfants, est morte à 42 ans d'un cancer. Voilà, c'est dit, dès le début, et on ne va pas en faire une histoire, nous interpelle-t-elle depuis les limbes, d'où elle revisite sa vie, son histoire avec Théo, d'une écriture tonique, imagée, pleine de vitalité, qui fait la nique au mélodrame et au misérabilisme. La mort est au bout du chemin, mais la vie est partout dans ce roman qui frappe fort et vise juste : au cœur.

Joséphine est prof de philo dans un lycée de Drancy. Elle mène sa vie entre Xanax, Tupperware en salle des profs, et injonctions de l'Éducation nationale qui lui ôtent le sentiment d'exister. Sauf que.

Chaque nuit, Joséphine devient Rose Lee. Elle s'effeuille dans un club de striptease aux Champs-Élysées. Elle se réapproprie sa vie, se réconcilie avec son corps et se met à adorer le désir des hommes et le pouvoir qu'elle en retire. Sa vie se conjugue dès lors entre glamour et grisaille, toute-puissance du corps désiré et misère du corps enseignant.

Mais de jouer avec le feu, Rose Lee pourrait bien finir par se brûler les ailes.

Récit d'un affranchissement, réflexion bouleversante sur l'image de soi et le rapport à l'autre, ce premier roman hors normes de Ketty Rouf fait voler en éclats les préjugés sur le sexe et la société.

>> Notre avis : On pourrait trouver l'histoire racoleuse, et on aurait tort, tant Joséphine/Lee Rose parvient à nous embarquer avec sensibilité et intelligence dans sa double vie, à la fois hymne à la sensualité retrouvée et réquisitoire implacable contre l'Education Nationale telle qu'on y éduque nos jeunes. 

Le monde de la nuit offre à Joséphine une véritable renaissance, loin de son quotidien morose de professeur de philo désillusionné : "Mais face à l'évidence, une autre, féroce et inaltérable, s'est imposée à moi. L'évidence que, forte de mon savoir livresque, j'ai vécu inculte. Inculte d'expérience, d'émotions vives, de connaissance de l'humain et de moi-même. Surtout de moi-même." 

On ne touche pas, ou comment la philosophie et la sexualité, quand on les entrechoque, réenchantent le quotidien...

C'est l'histoire d'un père qui élève seul ses deux fils. Une histoire d'amour. Les années passent, et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l'importance à leurs yeux et ceux qu'ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C'est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le coeur de trois hommes.

Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d'hommes en devenir.

>> Notre avis : Dans Ce qu'il faut de nuit, très beau titre emprunté à Jules Supervielle, un veuf, le narrateur, élève ses enfants, Fus et Gilou, pas mal, pas bien, juste comme il peut, avec beaucoup d'amour. Il est militant au Parti socialiste, et c'est un véritable déchirement pour ce père aimant que de voir son plus grand grandir, se mettant à fréquenter des jeunes du Front National. Et c'est dix années de vie qu'il va nous livrer là, brossant une relation père-fils émouvante, entre amour et incompréhension, jusqu'à la bascule...

"Un roman juste et sensible, à l'intrigue surprenante et maîtrisée, à découvrir !"