18 mai 2020
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Photo : Good Morning Montreuil de Jean Fabien

Avec "Good Morning Montreuil", Jean Fabien vous livre un témoignage, les visages de l’identité montreuilloise, une mosaïque du Montreuil d’hier et d’aujourd’hui, de façon bienveillante, généreuse et candide.

Montreuil est une ville pleine de paradoxes, une terre de contraste. Elle se conjugue au pluriel et sur une large bande passante. L’exposition aurait d’ailleurs pu s’intituler Montreuil(s). 88 nationalités et toutes les religions forment le tissu social et culturel de la troisième plus grande ville d’Ile de France. Montreuil est de vieille tradition anarchiste. Qui s’y frotte s’y pique parfois. Alors pratiquer librement l’exercice de la photographie de rue peut s’avérer complexe. C'est un témoignage, les visages de l’identité montreuilloise. Les bobos, les musulmans, les maliens, les gitans, les rockers, les graffeurs : tous composent la mosaïque du Montreuil d’hier et d’aujourd’hui.  

Et c’est cette richesse, ce pluralisme, ce récit montreuillois que Good Morning Montreuil donne à voir de façon bienveillante, généreuse et candide. Cette exposition est le reflet de la vie quotidienne d’un passant anonyme qui, au fil des mois, a fini par fixer la mémoire éphémère de sa ville. 

GOOD MORNING MONTREUIL

32 photos

Montreuil sous l'oeil du smartphone

Jean Fabien a débuté ce travail alors qu'Instagram ne jouait pas encore le rôle central qu'il occupe actuellement et le selfie n'avais pas encore engendré d'accidents mortels. Good Morning Montreuil n’était pas un projet prémédité, conceptualisé, écrit par avance, produit pour l’édition. Pas plus que ces photos candides, réalisées pendant plus de 5 ans avec 3 générations d’iPhones, n’avaient pour vocation à devenir un livre. 

"Je n’ai pas tout suite compris le sens de ma démarche puisque c’est mon quotidien que j’ai commencé par photographier. Pour lutter contre l’ennui et la routine mais surtout par intérêt pour le potentiel créatif que les premières générations de smartphones démontraient déjà." 

Nous ne le savions pas encore mais le smartphone allait durablement bousculer l’industrie des fabricants d’appareils photos en faisant quasiment disparaitre le segment des compacts et d’influencer l’écriture photographique en apportant une nouvelle forme de liberté dans son expression. La photographie entrait à la fois en crise et dans une nouvelle ère. 

"La pratique de la photographie mobile a agi comme un véritable révélateur. Elle m’a permis de prendre conscience du monde qui m’entourait et de m’extraire du plomb et de la grisaille de la vie urbaine. En consacrant une petite seconde supplémentaire aux choses et aux gens, je me suis rendu compte de l’extraordinaire richesse, des trésors incroyables qui sont à notre portée à chaque instant. Il suffit d’apprendre à regarder au lieu de voir. L’écran du smartphone est un formidable outil pour cet apprentissage. Le format carré est un réceptacle idéal, pour capturer toutes sortes de choses, de situations et d’histoires car il concentre l’attention et le regard sur le sujet de la prise de vue. Pendant des mois j’ai donc photographié avec gourmandise : de l’urbain, de l’humain. De l’essentiel, du futile. Sans ordre de priorité, je suis resté disponible à toutes formes de stimuli susceptibles de fixer mon attention."