Crédits : Soazig de la Moissonnière / Ville de Pau

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La leçon de cinéma d'Alain Garel

Culture | Vendredi 26 septembre 2014

A l'occasion du 5ème festival Cin'espaces, le critique et historien du cinéma donnera une « leçon » inédite sur les paysages de Western, samedi 27 septembre à 16h30 à la médiathèque André-Labarrère. Rencontre.

Voir l'image en grand Crédits : Soazig de la Moissonnière / Ville de Pau1) En quoi consiste votre « leçon de cinéma » ?

Pendant des décennies, il fallait mobiliser la mémoire des spectateurs après la projection d'un film pour en parler. Aujourd'hui avec les potentialités de la vidéo, je peux sélectionner, m'arrêter et revenir sur des extraits, ce qui rend le débat très interactif. La leçon de cinéma c'est comme un ciné-club, où je présente le choix de positionnement de la caméra, le mouvements des acteurs, le traitements du son...

2) Quel rôle occupe le paysage dans le genre Western ?

Alors que la plupart des autres genres cinématographiques empruntent leurs structures à leurs racines littéraires ou théâtrales, le Western, au même titre que le burlesque, les transfigure. En effet, il est basé sur une structure dramatique purement cinématographique : la pousuite. La plupart des Westerns racontent l'histoire d'un intinéraire géographique et moral.

3) Quel est cet itinéraire ?

Pour l'essentiel, ce parcours met l'être humain face à la nature sauvage, hostile et immense : les hivers rigoureux dans « Jeremiah Johnson » de Sydney Pollack, les décours grandioses dans « The big country » de William Wyler, ou les nombreux films tournés dans les grandes plaine, le Mississipi, les déserts du Nouveau Mexique, de l'Alabama et de l'Arizona.

Pour moi l'image symbolique, c'est celle d'un homme seul sur son cheval remontant une colline, évoluant sans contrainte, la liberté absolue, le retour à l'innocence. C'est le mythe théologique de la seconde chance : la découverte d'un continent caché par Dieu.

4) Il y avait-il une volonté d'assoir l'identité de l'Amérique, qui s'est construite dans ses paysages ?

Toute société a besoin de mythes fondateurs, qu'elle soit primitive ou moderne. Je ne crois pas que dans le Western il y ait eu une volonté délibérée de renforcer ce mythe mais plutôt quelque chose d'instinctif : regardez comment nos pères se sont battus contre la nature sauvage et la barbarie pour créer la plus grande démocratie du monde. Dans « The great train robbery », le thème de la justice est très présent : il s'agit de mettre en place la loi et l'ordre.

Voir l'image en grand5) Pouvez-vous nous parler d'un exemple où le paysage est utilisé comme ressort scénaristique ?

Face à l'abondance d'oeuvres, dans la « leçon de cinéma » je ne me pencherai que sur les quatre cinéastes qui ont le plus utilisé le paysage en terme spatial, plastique, dramatique : John Ford (en particulier son rapport à Monument Valley), Budd Boetticher, John Sturges et Anthony Mann. Ce dernier par exemple, met très souvent les règlements de compte en scène dans des paysages où le minéral domine.

6) Que reste-il du genre Western aujourd'hui ?

Le Western en tant que genre est mort. Il a connu six grandes périodes à partir de 1903 jusque en 1975. Les premiers cinéastes, ou des acteurs comme John Wayne, eux ont connu l'Ouest ou en ont reçu des témoignages directs. Aujourd'hui le genre survit à travers certains films d'actions et schémas mais ce ne sont que des pastiches de Western.

> La leçon de cinéma d'Alain Garel, samedi 27 septembre 2014 à 16h30 à la médiathèque André-Labarrère.

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