02 mai 2019
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L'Agglomération valorise les déchets pour un réseau de chaleur plus écologique

Avec le lancement d’un nouveau réseau de chaleur pour l’agglomération paloise, c'est un nouveau modèle énergétique qui sera proposé à partir de 2021 : il garantira la production d'une chaleur moins chère et plus écologique.

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L'idée est toute simple : utiliser la vapeur créée par l'incinérateur d'ordures ménagères de Lescar pour chauffer de l'eau à environ 100 degrés, et la faire circuler jusqu'à Pau, par Lons et Billère, dans des canalisations auxquelles on pourra raccorder les principaux réseaux. Soit 9000 foyers ou équivalent, l'Université, l'Hôpital, les établissements publics, les entreprises qui n'auront plus besoin de chaudière !

Elle sera remplacée par un échangeur de chaleur dont le coût sera celui d'une chaudière neuve, avec l'avantage important de fournir un chauffage et une eau chaude stables dans le temps.

Derrière cette idée, c'est toute une révolution qui va débuter par les premiers travaux en 2020. Le réseau de chaleur urbain sera bien alimenté par des énergies renouvelables et de récupération pour une double économie :

  • Moins 20 000 tonnes de CO2 par an
  • Moins 5 à 10 % du prix du gaz à l’ouverture du réseau, soit une différence considérable sur les 25 ans du contrat signé le 29 avril 2019.

Il a été ratifié par François Bayrou, Président de la Communauté d'Agglomération Pau Béarn Pyrénées, Wilfrid Pétrie, Directeur Général Adjoint du groupe ENGIE, et Rémi Heurlin, Directeur Délégué Aquitaine de la Caisse des Dépôts et Consignations, sur des bases toutes aussi simples que l'idée première.

La géothermie est étudiée pour la mise en service de ce réseau de chaleur urbain, autour du projet de Fonroche, à Lons, qui prévoit un forage jusqu'à 6 000 mètres de profondeur.

Autre hypothèse envisagée si cette première option ne fonctionne pas, la création d'une centrale géothermique de moyenne profondeur, à 1 700 mètres.

A défaut de ces deux solutions, une chaufferie biomasse sera construite à Lons avec des besoins estimés à 12 700 tonnes par an. Une seconde chaufferie sera alors construite sur le site de l’Université à Pau. Elle viendra en appoint en cas de rigueur climatique et/ou en secours lors des périodes de maintenance sur la chaufferie de Lons. Elle sera exclusivement alimentée par du gaz naturel.

Le réseau de chaleur urbain s'inscrit dans le Plan Action Climat, dont l'objectif est la diminution des gaz à effet de serre et le développement des énergies alternatives dans l'Agglomération.

Les travaux vont démarrer en 2020 avec la création du réseau de transport entre l’incinérateur de Lescar et deux chaufferies à construire, une à Lons sur le futur site d’exploitation géothermique de Fonroche, l’autre à l’Université. Le réseau de distribution sera déployé en trois phases : le secteur Billère, Université, Hélioparc en 2021, le quartier Saragosse en 2022, le centre hospitalier, Calicéo et la piscine Péguilhan en 2023.

Plan du réseau de chaleur urbain

Comment est conçu ce réseau de chaleur ?

La chaleur, transportée sous forme d’eau chaude à environ 100°C, sera fournie par l’incinérateur de Cap-écologia à Lescar, ce qui permettra de valoriser énergétiquement la production des ordures ménagères. Deux chaufferies gaz vont être construites, l’une sur le campus universitaire, l’autre à Lons, à proximité du site du projet géothermique de Fonroche, en appoint hivernal et en cas de panne ou maintenance.

Pour relier ces chaufferies aux lieux de consommation, 44 km de canalisations souterraines seront posées, dont certaines ont déjà pu être anticipées dans le cadre des travaux du Bus à Haut Niveau de Service Fébus.

Le projet d'un coût de 51 millions d’euros bénéficie du soutien du Fonds Chaleur de l’ADEME (l'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), de subventions régionales et européennes.

Des synergies avec d’autres projets à l’étude pourraient offrir de nouvelles opportunités pour développer le réseau dans le futur à l’instar du projet de centrale géothermique profonde de Fonroche sur la commune de Lons.

Ces 51 millions d'euros sont ainsi répartis :

  • 40 M€ pour le concessionnaire Engie et la Banque des territoires
  • 11 M€ pour l’Agglomération Pau Béarn Pyrénées.

La Communauté d'Agglomération Pau Béarn Pyrénées a lancé une procédure de consultation pour la conception, la réalisation et l'exploitation d'un réseau de chaleur urbain afin de valoriser les énergies renouvelables et de récupération identifiées, au bénéfice du plus grand nombre possible de consommateurs. Le véhicule juridique retenu est un contrat mixte d'une durée de 26 ans. Cette nouvelle disposition du droit public a permis de garantir la faisabilité économique du projet. Dans le cadre de ce contrat mixte :

  • le tronçon de transport entre l'incinérateur de Lescar et la chaufferie d'appoint située sur le campus de l'UPPA seront réalisés via un marché de travaux financé par la collectivité
  • La conception, réalisation et exploitation des réseaux de distribution et des équipements de production d'énergie sont réalisés via une délégation de service public concessive.
  • L'exploitation du tronçon de transport fait l’objet d’un contrat d’affermage.

La mise en œuvre d'un tel contrat mixte est une première en France pour un réseau de chaleur.

La procédure de consultation a été lancée en janvier 2018 avec pour objectifs principaux :

  • l'ambition environnementale : substituer les énergies renouvelables aux énergies fossiles et ainsi contribuer à l'atteinte de l'objectif de – 27 % des émissions de gaz à effet de serre du territoire, et doubler la quantité d'énergies renouvelables produites sur le territoire,
  • l'ambition énergétique : un potentiel de distribution de 70 GWh était identifié sur le territoire,
  • l'ambition sociale : la collectivité souhaitait disposer d'un réseau compétitif dans le temps avec le prix des énergies fossiles afin de lutter efficacement contre la précarité énergétique des ménages les plus modestes.

Le projet proposé par ENGIE Cofely et la Banque des Territoires permet à l'Agglomération d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés.

A l'heure de la raréfaction des ressources et de l'augmentation des coûts liés aux énergies fossiles, le réseau de chaleur urbain (RCU) de la Communauté d'Agglomération est le témoin concret de l'engagement de la collectivité dans la lutte contre le changement climatique.

A l'instar du futur Bus à Haut Niveau de Service alimenté par de l'hydrogène – sans émission de gaz à effet de serre – le futur réseau de chaleur urbain sera une action phare structurante du Plan Action Climat du territoire. Pour rappel, la collectivité a adopté son Plan Climat Air Energie Territoire, appelé Plan Action Climat, le 28 juin 2018. Il s'agit d'un programme d'actions à mettre en œuvre pour atteindre les objectifs du scénario de transition énergétique retenu par l'Agglomération :

  • Moins 27 % de Gaz à effet de serre d'ici 2030
  • Moins 20 % de consommation énergétique
  • Doublement de la part d'énergies renouvelables (EnR) dans la consommation énergétique finale
  • Moins 10 % de polluants atmosphériques

Ce scénario a été établi sur la base d'un programme de 57 actions réalistes, organisées en 5 axes :

  1. Aménager un territoire sobre en carbone
  2. Améliorer le confort de vie des habitants
  3. Favoriser l'innovation en faveur de la croissance verte
  4. Produire massivement les énergies renouvelables et de récupération (EnR&R)
  5. Partager auprès de tous l'ambition de l'Agglomération en matière de transition écologique

Qu'est-ce qu'un réseau de chaleur ?

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Un réseau de chaleur est une infrastructure de distribution de chaleur locale qui permet d’alimenter en chaleur un ensemble de bâtiments, quartiers ou sites industriels à partir d’un ou plusieurs sites de production centralisés. Ils sont un moyen efficace pour distribuer la chaleur produite à partir de sources renouvelables.

Avec un raccordement au réseau de chaleur, la chaudière n’est plus nécessaire. Elle est remplacée par un échangeur de chaleur. Si l’immeuble est équipé d'un chauffage collectif au gaz ou au fioul, tous les travaux nécessaires pour le raccordement au réseau de chaleur sont à la charge du concessionnaire du réseau : dépose des équipements non réutilisés, réalisation des socles maçonnés, fourniture et pose des échangeurs de chaleur et des éléments de comptage et de régulation, raccordement au(x) réseau(x) secondaire(s), etc. Le concessionnaire doit également les finitions comme la remise en peinture.

En revanche, tout le réseau secondaire, en aval de l'échangeur, reste à la charge du propriétaire de l'immeuble.

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