28 avril 2020
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Gustave Jaulmes (Lausanne, 1873 – Paris, 1959)

" Paysage de Provence ", Circa 1925, Huile sur toile, 72 x 61 cm

Nom
Gustave Jaulmes (Lausanne, 1873 – Paris, 1959)

Adresse
Musée des Beaux-Arts de Pau, Rue Mathieu Lalanne, Pau, France

Téléphone
05 59 27 33 22

Tarifs
gratuit

Horaires
du mardi au dimanche de 11h à 18h Fermé le lundi

Sollicité en de multiples occasions pour les nombreux chantiers de la IIIème République, Gustave Jaulmes a fortement contribué au renouveau de la peinture décorative pendant l'Entre-Deux-Guerres. Sa renommée culmine en 1925 à l'Exposition des Arts Décoratifs de Paris où son sens de l'équilibre et de la monumentalité s'exprime de façon éclatante..

La brillante carrière officielle de Gustave Jaulmes a sans doute quelque peu éclipsé une production plus intime reflétant son vif attrait pour les paysages méditerranéens. Dès les années 1903-1907, l'artiste, travaillant à la décoration de la villa Kérylos à Beaulieu-sur-mer, avait goûté au charme pénétrant des rivages du sud de la France. Définitivement séduit, le peintre acquiert alors en 1926 le Mas de Fontreille à Mougins.

Avec cette vue, probablement inspirée par l'architecture et le site de Mougins, le peintre imagine un paysage harmonieux touché par la grâce du printemps méditerranéen. Déroulant une perspective plongeante, il adopte un parti-pris insolite. Ainsi, la végétation, les chemins, les toitures et les collines se relaient en une succession de plans parfois contrariés. Cependant, l'artiste, imperméable aux audaces de l'Avant-Garde, impose une vision originale et faussement ingénue. Celle-ci, expression d'une solide culture, semble puiser aux sources de la tradition française du paysage classique vivifiée par les hardiesses des primitifs siennois et bien sûr le synthétisme des Nabis.

Privilégiant une gamme restreinte de tons, Gustave Jaulmes assemble avec une absolue maîtrise les verts véronèses, émeraudes ou acides ponctués parfois de bleus turquoises aux ocres roses des tuiles provençales. L'usage de la réserve de la toile pour les blancs permet également de subtiles variations dans la répartition de la lumière. On remarquera enfin l'aspect typiquement crayeux de la toile qui semble avoir été peinte comme une fresque, l'artiste ayant délayé ses couleurs à l'essence et banni l'emploi du vernis.

En provoquant ce mimétisme avec des techniques associées à un âge d'or de la peinture, celui des célèbres cycles décoratifs de la Renaissance italienne, Gustave Jaulmes revendique l'héritage de la grande peinture tout en évitant l'écueil du pastiche. En effet, la simplification des volumes, le raffinement exquis des couleurs tout comme le sentiment élégiaque qui s'en dégage font de cette toile une des plus belles expressions de l'art français des années trente.

Notice réalisée par GA

Les œuvres à découvrir

Visite virtuelle du Musée des Beaux-Arts avec zoom sur les oeuvres