Intoxication au monoxyde de carbone : la prévention avant tout

07 janvier 2022

Intoxication au monoxyde de carbone : la prévention avant tout

La période hivernale est régulièrement marquée par des incidents et intoxications liés au monoxyde de carbone (CO). Il est la première cause de mortalité par gaz toxique en France, où environ 4 000 personnes sont intoxiquées chaque année et une centaine en décède.

Pau et son agglomération ne sont pas épargnées et en 2021, plusieurs intoxications ont toutes eu, par chance, un dénouement sans gravité.

Suivre les quelques recommandations de l'Agence Régionale de Santé est l'assurance de passer un hiver en toute sécurité.

Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant indétectable : il est invisible, inodore et non irritant. Il résulte d’une combustion incomplète, et ce quel que soit le combustible utilisé (bois, butane, charbon, essence, fuel, gaz naturel, pétrole, propane). Sa densité étant voisine de celle de l’air, il se diffuse donc très vite dans l’environnement, et peut donner lieu à des intoxications mortelles en quelques minutes :

  • 0,1 % de CO dans l’air tue en une heure ;
  • 1 % de CO dans l’air tue en 15 minutes ;
  • 10% de CO dans l’air tuent immédiatement.

Tout appareil thermique (moteur, appareil de cuisson, de chauffage ou de production d’eau chaude) utilisant un combustible contenant du carbone est susceptible de provoquer une intoxication au monoxyde de carbone, s’il n’est pas installé, utilisé ou entretenu correctement.

Dans une majorité des cas, les accidents résultent :

  • De la mauvaise évacuation des produits de combustion (conduit de fumée obstrué, mal dimensionné ou mal isolé) ;
  • De l’absence de ventilation dans la pièce où est installé l’appareil (pièces calfeutrées, sorties d’air bouchées) ;
  • Du défaut d’entretien des appareils de chauffage et de production d’eau chaude ainsi que les inserts, poêles, cuisinières, chauffages mobiles d’appoint ;
  • De la vétusté des appareils ;
  • De la mauvaise utilisation de certains appareils (appareils de chauffage d’appoint type poêle à pétrole utilisés en continu, groupes électrogènes, braseros ou barbecues utilisés à l’intérieur, etc.) ;
  • De l’incompatibilité des différentes installations présentes dans un même logement (hotte aspirante et chaudière dans une même pièce).

Dans ces conditions, le monoxyde de carbone est inhalé par la personne exposée, puis se fixe sur les globules rouges et les cellules musculaires où il remplace l’oxygène. Il agit comme un gaz asphyxiant, parfois mortel, qui immobilise la victime, et l’empêche de se secourir.

Tous les types d’appareils à combustion dans l’habitat sont concernés :

  • les chaudières (bois, charbon, gaz, fioul) ;
  • les chauffe-eau et chauffe-bains ;
  • les inserts de cheminées, y compris les cheminées décoratives à l’éthanol ;
  • les chauffages mobiles d’appoint ;
  • les cuisinières (bois, charbon, gaz) ; poêles ;
  • les appareils type brasero ;
  • les appareils de cuisson d'extérieur : barbecue, plancha au gaz ;
  • les moteurs automobiles dans les garages ;
  • les groupes électrogènes à essence ou à fioul et tout moteur thermique fixe ou mobile.


L’intoxication faible dite « chronique » se manifeste par des maux de tête, des nausées, une confusion mentale, de la fatigue. L’intoxication est lente (plusieurs jours ou semaines) et les symptômes de cette intoxication peuvent ne pas se manifester immédiatement. Ces signes d’intoxication sont peu spécifiques, ce qui peut ralentir la prise en compte de l’intoxication et l’aggraver. La présence de signes chez plusieurs personnes d’un même logement ou la disparition des symptômes en dehors du logement doivent être des signaux alertant.

L’intoxication aiguë entraîne des vertiges, une perte de connaissance, une paralysie musculaire, des troubles du comportement, voire le coma ou le décès.

En cas d’intoxication grave (chronique ou aiguë), les personnes gardent parfois des séquelles à vie : migraines chroniques ou bien pathologies neurologiques invalidantes (troubles de la coordination motrice, paralysies de toutes formes). Ces intoxications sont actuellement suspectées de perturber le développement cérébral des enfants et notamment leur fonctionnement intellectuel.

Quelques conseils permettent de limiter les risques d’intoxication au monoxyde de carbone dans l’habitat :

Avant l’hiver, faire systématiquement intervenir un professionnel qualifié pour contrôler les installations de combustion

  • Faire vérifier et entretenir les appareils de chauffage (chaudière, insert, poêle, etc.), les appareils de production d’eau chaude (chauffe-eau, chauffe-bain, etc.) et les appareils de cuisine individuels ainsi que leurs tuyaux de raccordement (ceci est à l’initiative de l’occupant en cas d’installation individuelle, et du propriétaire ou du syndic en cas d’installation collective).
  • Il est recommandé de signer un contrat d’entretien garantissant une visite annuelle de prévention et de maintenance (réglage, nettoyage et remplacement des pièces défectueuses) et un dépannage gratuit sur simple appel.
  • Faire vérifier et entretenir les conduits de fumées (par ramonage mécanique). Le conduit de cheminée doit être en bon état et raccordé à la chaudière. Il doit déboucher loin de tout obstacle qui nuirait à l’évacuation des fumées.

Toute l’année et particulièrement pendant la période de chauffe, assurer une bonne ventilation du logement

  • Aérer le logement tous les jours pendant au moins 10 minutes, même quand il fait froid.
  • Ne pas obstruer les entrées et sorties d’air (grilles d’aération dans les cuisines, salles d’eau et chaufferies principalement) : si une pièce est insuffisamment aérée, la combustion au sein des appareils sera incomplète et émettra du CO.

Utiliser de manière appropriée les appareils à combustion

  • Faire fonctionner un chauffage d’appoint à combustion au maximum deux heures de suite. Ces appareils sont conçus pour une utilisation brève et par intermittence uniquement. Aérer ensuite pour renouveler l’air ;
  • Ne jamais utiliser pour se chauffer les appareils qui ne sont pas destinés à cet usage (cuisinières, barbecues, braseros, etc.)
  • Respecter scrupuleusement les consignes d’utilisation des appareils à combustion (se référer au mode d’emploi du fabricant), en particulier les utilisations proscrites dans un lieu fermé (barbecues, braseros, groupes électrogènes, etc.).

En cas d’installation de nouveaux appareils (groupes électrogènes ou appareils à gaz)

  • Ne jamais placer les groupes électrogènes dans un lieu fermé (maison, cave, garage…) : ils doivent impérativement être installés à l’extérieur des bâtiments.
  • S’assurer de la bonne installation et du bon fonctionnement de tout nouvel appareil à gaz avant sa mise en service et exiger un certificat de conformité auprès de l’installateur.

Equipez votre logement d’un détecteur de monoxyde de carbone

Votre logement est déjà équipé d’un détecteur autonome avertisseur de fumée (DAAF), appareil obligatoire dans les habitations et qui a déjà sauvé de très nombreuses des vies. Nous vous invitons vivement à compléter cet équipement d'un détecteur de monoxyde de carbone. Tout comme le détecteur de fumée vous prévient d'un incendie, le détecteur de CO vous avertira de la présence de ce gaz inodore, incolore et mortel dans votre logement. Il vous réveillera en cas de danger.

Si des symptômes (maux de tête, fatigue, nausées) apparaissent plus ou moins rapidement (ils peuvent toucher plusieurs personnes au sein d’un même foyer) :

  • Aérez immédiatement ;
  • Arrêtez si possible les appareils à combustion ;
  •  Evacuez les locaux ;
  • Et appelez les secours en composant le 15, le 18 ou le 112 (et le 114 pour les personnes malentendantes). Rappel : les appels au 112, numéro européen d’urgence, sont géolocalisés, ce qui peut faciliter l’intervention des secours.

L’ARS Nouvelle Aquitaine réalise des enquêtes dans le cadre de la lutte contre l’habitat indigne afin de contrôler de manière systématique les installations susceptibles d’émettre du monoxyde de carbone et prescrit des travaux si nécessaire. 

Plateforme régionale de veille et d’urgences sanitaires
(service gratuit + prix d’un appel)

0 809 400 004

ars33-alerte@ars.sante.fr