Acteurs locaux de l'arbre : Florence Bacou et Hubert Lassus-Pigat du Conservatoire des légumes anciens du Béarn
Hubert, quel est le parcours et l’histoire de votre projet ?
Né à Assat en 1949, j’ai grandi entre la ferme familiale et l’auberge de mes parents, au cœur de la vallée du gave de Pau, berceau historique du maraîchage. La ferme de ma mère, fut mon premier terrain de jeux, mais aussi un espace d’apprentissage. J’y ai appris le geste juste, le respect du rythme des saisons, l’attention portée au vivant. L’auberge familiale, quant à elle, fut une véritable fenêtre ouverte sur le monde paysan. J’y ai observé un territoire en pleine évolution, où traditions et modernité se sont longtemps côtoyées, parfois confrontées. Le Conservatoire des Légumes Anciens du Béarn naît en 2013, de ce désir de transmission et de partage.
Et vous Florence, votre parcours ?
Issue du monde rural du côté paternel, j’ai grandi au sein d’une famille attachée aux valeurs de solidarité, de respect et de travail. Mon parcours professionnel riche et diversifié s’est construit au fil d’expériences engagées : j’ai débuté aux Sanctuaires Notre-Dame de Lourdes, puis poursuivi au sein du Secours Catholique à Tarbes, en Guyane et en Corse, avant de rejoindre le CLAB à Assat. De l’humain à l’humus, la boucle est ainsi bouclée. C’est dans le cadre d’une enquête locale sur l’agroécologie, menée lors de la formation que je suivais auprès de Terre et Humanisme, fondée par Pierre Rabhi, que j’ai découvert le CLAB et son Jardin-verger Conservatoire.
Pouvez-vous décrire la nature de votre activité ?
Le projet de l’association vise à promouvoir la préservation de la biodiversité végétale et des écosystèmes à travers des actions de formation et de sensibilisation destinées à tous les publics. Le Jardin-verger Conservatoire du CLAB est un conservatoire vivant, dédié non seulement à la biodiversité végétale, mais aussi à la mémoire des hommes. Il raconte l’histoire indissociable des êtres humains et des plantes, abordée à travers le prisme du Patrimoine Culturel Immatériel : traditions orales, langue occitane, savoir-faire artisanaux et usages anciens liés au monde végétal.
Quels liens entretenez vous avec le territoire ?
Hubert : Le pôle ethnobotanique du Jardin-verger Conservatoire est né de mon ancrage familial au territoire. Il invite à découvrir le lien que nos anciens entretenaient avec le monde végétal, en respectant la biodiversité et surtout la diversité culturelle. Lieu de transmission et de patrimoine vivant, il a obtenu le label Jardin Remarquable. Il propose une réflexion sur l’avenir de nos territoires et sur nos préoccupations actuelles.
Comment envisagez vous l'avenir en matière de changement climatique ?
Florence : De nature optimiste, je vous avoue cependant mon inquiétude face à l’avenir des générations futures, auxquelles appartiennent nos petits-enfants. Avec mon mari, tels des colibris, nous faisons notre part : nous plantons des arbres et des haies, nous jardinons et limitons autant que possible notre empreinte carbone. Aujourd’hui, nous n’avons plus le choix : il nous faut agir au quotidien, chacun à la mesure de ses possibilités.
Quel arbre êtes-vous ?
J'aime tous les fruits. Enfant, je montais toujours dans les arbres pour les manger. Si je dois en choisir un, je dirais un pommier.