Quatre statues emblématiques de Pau seront restaurées d’ici l’automne
Publié le 14 avril 2026 | Mis à jour le 21 avril 2026
La Ville de Pau possède un riche patrimoine de plus de 90 décors urbains qu’il faut entretenir. Cette année, 4 statues seront rénovées d’ici l’automne.
La société de restauration « L’atelier du Rouge gorge » a la charge de l’entretien de ces 4 statues. Il s’agit de :
- La statue « La Source » a été restaurée et réinstallée place Clemenceau
- La statue du Maréchal Bosquet sera restaurée du 9 au 30 avril ;
- Le monument aux morts « la France Victorieuse » sera restaurée en juillet.
- La fontaine « Léon Daran » sera restaurée cet automne.
La statue du Maréchal Bosquet, cours Bosquet
La statue du Maréchal Bosquet, cours Bosquet
La statue du Maréchal Bosquet est située sur le rond-point cours Bosquet / rue Henri Faisans. La restauration de la statue est en cours jusqu'au 30 avril.
L'aspect global de la statue – même si son état demeure satisfaisant – justifie une intervention d'ensemble afin de traiter de façon convenable les divers désordres : défauts sur le bronze liés à l’âge du vernis protecteur du bronze et encrassement de la pierre du piédestal. Il est prévu pour le piédestal en pierre : le nettoyage de la pierre, la reprise des joints et la restauration des bas-reliefs en bronze, et pour la statue en bronze : la mise à nu du métal, la restitution de la patine à chaud, la protection de la surface. Un échafaudage sera installé sur le giratoire afin de réaliser ces travaux. La dernière restauration de la statue datait de 2013 lors de son installation sur le giratoire.
Un peu d'histoire
Cette statue de bronze est l’œuvre du sculpteur Édouard-François Millet de Marcilly. Elle représente Pierre François Joseph Bosquet, né en 1810 à Mont-de-Marsan de parents palois et décédé à Pau en 1861. Après avoir longtemps officié en Algérie, il a notamment été reconnu pour avoir dirigé le corps français lors de la guerre de Crimée en 1855. Il fut grièvement blessé lors de la bataille de Malakoff. À 45 ans, il était l’un des chefs militaires les plus en vue d'Europe. Il devint sénateur et maréchal de France de Napoléon III.
L’œuvre en bronze de Millet de Marcilly est signée sur les deux bas-reliefs en bronze qui ornent la face Sud et Nord du piédestal. La façade Nord porte la date de 1894, année de l'inauguration de la commande passée par la ville, le département, l'État et l'armée. Ces bas-reliefs représentent les grandes étapes des épopées militaires du Maréchal Bosquet : le montrant côté Sud sur son cheval au commandement du 2ème bataillon des tirailleurs indigènes d'Oran (1842-1847) et côté Nord, blessé sur un brancard lors de l'assaut de la courtine de Malakoff le 8 septembre 1855 durant la guerre de Crimée.
Le monument fait l'objet d'une souscription publique dont l'appel à élever le monument est retranscrit dans l'édition des Lettres du Maréchal Bosquet 1830 – 1858 conservée à l'université de Harvard. Le comité, avec l'aide des financements publics, recueilli alors 30.000 Fr et pu ainsi passer commande en 1893 pour l’exécution à l'image du portait fait par le célèbre peintre de l'époque Horace Vernet.
À l’époque, la place Gramont fut retenue pour accueillir le nouveau monument. Toutefois, au gré des réaménagements urbains successifs, la statue du Maréchal quittera la place pour rejoindre, un temps, l’emplacement actuel de la Fontaine aux Enfants d'Ernest Gabard devant le musée des Beaux-Arts. Aujourd’hui, suite au réaménagement à proximité du rond-point du cours Bosquet, la statue occupe le centre de cet aménagement afin de marquer l’entrée de cette partie du cœur de ville.
Monument aux morts « La France Victorieuse » boulevard du Midi
Monument aux morts « La France Victorieuse » boulevard du Midi
Les travaux se composent d'interventions légères sur le monument aux morts compte tenu de son bon état actuel apparent. Ils comporteront la reprise des jointoiements défectueux et l’harmonisation chromatique générale du monument après élimination soigneuse des développements biologiques. Les travaux les plus interventionnistes s'attacheront à la restauration des plaques commémoratives en marbre sans procéder à leur dépose.
Un peu d'histoire
Le monument aux morts « La France Victorieuse » est situé sur le boulevard du Midi, entre le boulevard des Pyrénées et le square Saint-Martin, au-devant du chevet de l’église. Inauguré le 11 novembre 1927 par Louis Barthou alors Garde des Sceaux et ministre de la Justice, il sera restauré en juillet 2026.
Le monument est réalisé, de 1924 à 1927, par l'architecte Henry Challe et le sculpteur Georges Vérez. Il représente la France victorieuse symbolisée par Athéna casquée et armée. Cette statue est posée sur un piédestal imposant précédé d'une marche. Un bas-relief représentant une veuve et son fils est situé à l'arrière de l'édifice. De chaque côté, des piles cubiques portent les noms des batailles auxquelles a participé le 18ème régiment basé à Pau. De nouvelles inscriptions en bas-relief et gravées viennent orner le monument en mémoire de la seconde guerre Mondiale et des guerres et soldats morts originaires d'Algérie, Maroc, Tunisie et Indochine. Le monument ne porte aucun nom des soldats morts aux combats. Les plaques prévues à l'époque n'ayant jamais été réalisées, la réalisation récente des deux panneaux contemporains se développant derrière le monument, inventorient l'ensemble des soldats défunts.
Deux panneaux de marbre blanc ont été ajoutés à chaque extrémité du monument. Le premier est dédié aux soldats de l’armée portugaise avec une citation du Maréchal Joffre. Le second rend hommage aux combattants républicains espagnols et reprend un discours prononcé par Charles de Gaulle à Toulouse le 7 septembre 1944.
La statue « Léon Daran » place Saint-Louis de Gonzague
La statue « Léon Daran » place Saint-Louis de Gonzague
La statue « Léon Daran » se situe sur la place Saint-Louis de Gonzague. La restauration de ce décor urbain est prévue à l’automne 2026. Même si son état demeure satisfaisant, l’aspect global de la fontaine, justifie une intervention d'ensemble afin de traiter de façon convenable les divers désordres et d’anticiper leur accentuation à venir. Il est prévu pour la partie en pierre : le nettoyage de la pierre, la reprise des joints et une harmonisation chromatique. Et pour la partie en bronze : la mise à nue du métal, la restitution de la patine à chaud et la protection de la surface. Ces travaux de restauration seront menés en parallèle de la modification de la partie hydraulique de la fontaine visant à pourvoir l’ouvrage d'un circuit fermé.
Un peu d'histoire
La fontaine qui porte le nom de Léon Daran, résulte du don de Louise Daran, veuve et épouse du docteur Léon Daran. Léon Daran (11 avril 1814 - 18 déc. 1894) était médecin en chef de l’hôpital civil et militaire de Pau, conseiller général durant 20 ans puis maire d'Izeste. Il fut élevé au grade de Chevalier de la Légion d'honneur le 9 janvier 1856 puis Officier le 24 novembre 1871 pour services rendus dans les ambulances probablement pour son rôle joué dans l'épidémie de choléra qui sévi alors.
En 1898, le projet de statue est validé en conseil municipal à son emplacement actuel. L'ensemble, œuvre de l'architecte départemental nouvellement nommé Joseph Larregain et des sculpteurs Louis-Joseph Alexandre (sculpture pierre) et de Jean-Théodore Lanne (groupe sculpté en bronze), est inauguré en 1899. Le 16 juillet 1901, le conseil municipal décida de la pose de la plaque de marbre avec l'inscription « Fontaine Léon Daran »
La commanditaire et donatrice, épouse et veuve du docteur, a souhaité la mise en avant de l’’importance de la thématique de l’eau, élément essentiel à la vie et au bien-être. Cette démarche est une façon intime et symbolique de perpétuer le souvenir de son mari qui œuvra pour la santé publique et l’épidémie de choléra. Le thème retenu souligne aussi celui de la mort représentée par l'isard dévoré par le vautour. Le bestiaire volontairement retenu, la mise en scène et la composition se veut aussi un parallèle symbolique du lien étroit de Pau à la nature pyrénéenne. Dédier un aménagement d'agrément et d'utilité urbaine pour un homme qui participa activement à la vie de sa ville a également tout son sens dans cette donation. Au travers de cette fontaine, on peut y voir aussi l'un des accomplissements ultimes des politiques des villes qui prend forme durant la seconde moitié du 19ème siècle en France avec l'embellissement des espaces publics par la création et l'aménagement de parcs et jardins et la démocratisation de l’accès à l'eau en parallèle du raccordement progressif de la population.